FIONA RANGE

RESUME: « À Dearborn, Fiona Range a la réputation de n’en faire qu’à sa tête. Abandonnée à la naissance par sa mère, ignorée par son père présumé, incomprise par sa tante et son oncle – l’intègre juge Hollis – , Fiona est une rebelle qui a toujours eu du mal à trouver ses marques. À trente ans, cette instabilité chronique la mine, et elle décide de mettre de l’ordre dans sa vie. Mais un faux pas vient tout anéantir… rejetée par sa famille et ses amis, Fiona se tourne vers de nouveaux alliés : George, un garçon doux et effacé qui lui fait la cour ; Rudy, le fiancé de sa cousine Elizabeth, un nouveau venu dans la ville, lui aussi désorienté… et Patrick Grady, celui qui nie si farouchement être son père. Ignorant toutes les mises en garde de prudence, Fiona, va s’acharner à apprivoiser cet homme asocial et déséquilibré, alcoolique, violent. Et lorsqu’il s’avère que sa quête menace des secrets bien gardés, la jeune femme se trouve précipitée dans un abîme de passions et de violence, où la bonté le dispute à la noirceur, et les désirs inavouables aux pires trahisons qui peuvent être commises au nom de l’amour.« 


AVIS: C’est parce que j’avais lu un autre roman de Mary McGarry Morris – Mélodie du temps ordinaire, que je conseille vivement, par ailleurs – que je me suis intéressée à l’histoire de Fiona Range. Le résumé avait tout pour me plaire: famille, secrets, passé mystérieux, jeune femme en quête d’elle-même. Un cocktail d’enfer. 

Et je suis ravie d’avoir découvert ce récit méconnu puisque j’ai immédiatement été plongée dans le quotidien de Fiona Range. Parce que dès les premières pages, on suit la vie chaotique de cette demoiselle célibataire aux répliques acérées. Vivant seule dans un appartement bordélique, Fiona mène un train de vie décousu. Entre son job comme serveuse dans un petit restaurant local, ses sorties aux conséquences dramatiques et sa relation douce-amère avec sa famille, Fiona semble incomprise et irresponsable. Il est vrai qu’à trente ans, les gens attendent d’elle qu’elle se stabilise et devienne une peu plus mature.

Mais si Fiona se débat tant avec elle-même et avec le reste du monde, c’est parce qu’elle a toujours été placée dans des cases desquelles elle n’a pas pu s’extirper. Élevée par sa tante et son oncle au milieu de ses cousins et cousines, elle a toujours été considérée comme le vilain petit canard indiscipliné, quand bien même elle n’aspirait qu’à intégrer cette famille. Et même si sa tante et sa cousine Elisabeth – dont elle a toujours été très proche, malgré leurs caractères opposés – ont toujours tout fait pour lui faire sentir qu’elle était un membre à part entière des Hollis, il y a toujours eu un moment où une réflexion ou un acte lui faisait bien comprendre que ce n’était pas le cas. Dès lors, qu’elle soit en famille ou avec les gens qui peuplent son quotidien, Fiona endosse toujours le rôle de la fille trop bruyante, trop bavarde, trop franche, trop égoïste et trop curieuse. 

Alors elle décide de remettre de l’ordre dans sa vie en commençant par investir la vie de Patrick Grady, un homme au caractère ombrageux et instable que tout le monde lui déconseille de fréquenter. Mais comme souvent dans le livre, quand quelqu’un tente de la mettre en garde, Fiona fait tout le contraire de ce qui est attendu et s’évertue à nouer des liens avec son père présumé qui n’a aucun désir de la côtoyer et de cette décision va découler toute une série d’événements aux conséquences irréversibles.

J’ai donc particulièrement aimé cette relation conflictuelle qu’elle a avec sa famille qui, à l’évidence, lui cache bien des choses. Certains personnages n’étaient pas sans me rappeler ceux qui peuplaient le roman de Joël Dicker dans la Vérité sur l’Affaire Harry Québert. Surtout Chester et les dames qui travaillent avec lui et Fiona. D’autres ne me donnaient qu’une envie: celle de les secouer (mais c’est peut-être l’influence de la frustration qu’ils provoquent chez Fiona). Je pense néanmoins à George et à ses incertitudes, tout comme Elisabeth (pas étonnant que ces deux-là aient eu un passé commun). Mais les personnages comme le juge Hollis, l’oncle de Fiona, Patrick Grady, la terreur de Dearborn et Rudy, le fiancé d’Elisabeth m’ont beaucoup plu car plus complexes et mystérieux.

En clair, j’ai énormément aimé les relations confuses qui liaient les personnages les uns aux autres ainsi que le franc parler de l’héroïne bien qu’elle ait pu être un brin agaçante par moments surtout quand certains éléments paraissaient évidents et qu’elle s’obstinait à ne pas les voir. Mais n’est-ce pas le fondement même des blessures qui cicatrisent mal quand les familles ne se comprennent pas ou plus?

Le seul bémol que je mentionnerais serait les soupçons que l’on a sur ce qui se cache derrière les silences et les secrets et qui donnent donc très vite le ton de la fin. Mais c’est peut-être fait exprès, qui sait, pour que l’on soit véritablement spectateur de la bataille que Fiona mène contre un passé dont personne ne veut parler. 

MA NOTE: 18/20, parce que c’est exactement le genre de récit qui me parle et qui m’a tenue accrochée à ce conflit interne et externe durant toute ma lecture. Une chose est sûre, je tenterai un autre roman de Mary McGarry Morris.

TITRE: Fiona Range – AUTEUR: Mary McGarry Morris

EDITION: Pocket (2002) – 640 pages

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