LE PAYS DU LIEUTENANT SCHREIBER


 

RESUME:  » Aujourd’hui, son nom est à peine connu. Pourtant, l’ancien lieutenant Jean-Claude Servan-Schreiber, petit fils d’un juif prussien émigré, a servi la France pendant ses heures les plus sombres. Andreï Makine, à travers le récit de leur amitié, de leurs échanges et de leurs combats communs, rend hommage à ce héros oublié de la Seconde Guerre mondiale, pour aider sa parole à vaincre l’oubli. « 

AVIS:  Le thème de la Seconde Guerre Mondiale est quelque chose qui m’a toujours intéressée. Il suffit qu’il soit mentionné pour que le sujet attise ma curiosité. Cela date depuis longtemps et je ne suis pas certaine que cela s’arrête un jour. 

C’est donc tout naturellement que ce livre a rejoint ma PAL. Le résumé n’est pas très révélateur mais intrigue et si j’ai bel et bien pensé que les états de service du Lieutenant Schreiber seraient plus largement évoqués, cela ne fut pas le cas. Déception? Loin de là! Car les événements qui ont ponctué l’existence du tout jeune Lieutenant Français d’origine allemande ne servent qu’à appuyer ce qui a suivi. Le parcours de Jean-Claude Servan-Schreiber est évoqué de façon lointaine, en faisant référence aux grandes lignes de celui-ci. Son incorporation, ses déboires dans l’armée à cause de son statut de ‘juif’, son arrestation, sa déportation, l’Espagne, l’Afrique, le débarquement, la Libération. Ce ne sont que des mots pour faire vibrer l’état d’esprit de l’époque et la réinsertion pénible des soldats après la guerre

C’est surtout un témoignage du désert qui ensevelit le cœur d’un homme qui a donné six années de sa jeunesse à son pays et qui ne trouve plus ses repères quand tout se termine. C’est le besoin de mémoire que ressent un vieil homme à revenir sur des anecdotes de son passé, à faire revivre des visages qui s’estompent sur des photographies abîmées et qui est atterré lorsqu’un nom lui échappe. C’est l’impression que seules ces années-là ont compté, tant elles ont été intenses et que le reste, à côté, c’est bien fade.

Alors quand par un certain hasard, l’auteur du roman est contacté par ce vétéran qui révèle avoir connu des soldats mentionnés dans son livre précédent, c’est plus qu’une rencontre qui se concrétise, c’est une amitié qui s’installe et Andreï Makine ne tarde pas, comme toute personne intéressée par ce passé trouble, à voir un potentiel. Convaincu du succès que seraient les mémoires du Lieutenant Schreiber, l’écrivain le pousse à les rédiger, à évoquer ce passé aussi frais dans sa mémoire, malgré les décennies qui se sont écoulées depuis. Hélas, la passion qui le nourrit n’est pas partagée et le livre du vieil homme passe rapidement aux oubliettes.

Makine dépeint cette société d’alors, si prompte à mettre de côté les années de guerre, et celle de maintenant, si peu intéressée par la chose. Une critique du désintérêt et de la menace de l’oubli mais c’est surtout un hommage que rend l’auteur à son ami. Il ne tente pas de récrire la vie de celui-ci pour espérer un succès qui ne viendra probablement pas. A la place, il s’efforce de faire découvrir l’homme qui refuse d’oublier ses camarades, même si ces derniers sont morts depuis longtemps. Il ressuscite des inconnus, le temps des quelques pages. Et ça suffit. C’était tout ce dont avait besoin ce roman doux et fort.

MA NOTE: J’avais d’abord mis 16/20 puis en rédigeant ma chronique, je me suis dit que cela méritait au moins un 17/20 parce que j’ai aimé faire la connaissance à travers les yeux de Makine, de cet homme modeste qui vivait avec ses souvenirs et ceux qui les peuplent. Et j’ai aimé le regard que portaient ces deux hommes sur cette France qu’ils aiment tant.

TITRE: Le pays du lieutenant Schreiber – AUTEUR: Andreï Makine – EDITION: Point – 216 pages

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