LES FILLES DE L’OURAGAN

 

RESUME:  » Elles sont nées le même jour, dans le même hôpital, dans des familles on ne peut plus différentes. Ruth est une artiste, une romantique, avec une vie imaginative riche et passionnée. Dana est une scientifique, une réaliste, qui ne croit que ce qu’elle voit, entend ou touche.

Et pourtant ces deux femmes si dissemblables se battent de la même manière pour exister dans un monde auquel elles ne se sentent pas vraiment appartenir.

Situé dans le New Hampshire rural et raconté alternativement par Ruth et Dana, ce récit suit les itinéraires personnels de deux « soeurs de naissance », des années 1950 à aujourd’hui.

Avec la virtuosité qu’on lui connaît, Joyce Maynard raconte les voies étranges où s’entrecroisent les vies de ces deux femmes, de l’enfance et l’adolescence à l’âge adulte – les premières amours, la découverte du sexe, le mariage et la maternité, la mort des parents, le divorce, la perte d’un foyer et celle d’un être aimé – et jusqu’au moment inéluctable où un secret longtemps enfoui se révèle et bouleverse leur existence. « 

AVIS: C’est le premier roman de Joyce Maynard que je découvre. C’est une nouvelle fois la couverture qui a attiré mon œil alors que je flânais dans une boutique. Tous les romans de l’auteure étaient rassemblés et mis en avant et c’est celui qui a attisé ma curiosité à cause de ses tons gris, un  brin mélancoliques, tout à fait appropriés à ce récit formé par un duo singulier.

Et dans l’ensemble, je suis contente d’avoir pu enfin lire cette auteure. Elle m’évoquait quelque chose parce qu’un film a été adapté de l’un de ses autres romans. Film que j’avais beaucoup apprécié et qui racontait le week-end particulier vécu par un enfant et sa mère lorsqu’un criminel en cavale avait trouvé refuge chez eux. Ici, c’est l’histoire de deux jeunes filles que rien ne devrait lier. Elles sont différentes et si ce n’était pour leur date de naissance commune, rien ne les lierait, probablement. Pourtant, nées le même jour, dans un même hôpital, les filles vont grandir en parallèle, se retrouvant et s’éloignant au gré des aléas de la vie. D’ailleurs, si ce n’était pour la mère de l’une, elles ne se seraient probablement jamais côtoyées mais parce qu’elles sont sœurs de naissance, la mère de Ruth s’évertue à garder un contact entre les deux familles et c’est là le fil rouge de cette fresque familiale qui débute en 1950 pour se terminer dans les années deux-mille.  

Les personnages sont donc variés, attachants ou agaçants, plutôt mornes ou déterminés par leurs convictions. Ils sont menés par des événements contre lesquels ils ne peuvent rien et d’autres qui sont de leurs propres faits. Et on s’attache plus ou moins à eux même si, comme toujours, il y a des préférences. La mienne va à Ruth, au père de celle-ci et au frère de Dana, Ray Dickerson, dont on soupçonne rapidement les failles. J’ai beaucoup aimé la place qu’occupait Edwin Plank dans le récit et sa force et sa stabilité ont beaucoup contribué à l’équilibre du roman. 

J’ai également apprécié l’alternance des chapitres qui passent d’une fille à l’autre, suivant leurs parcours bien différents mais se recoupant au gré des retours à la ferme ou par le biais des événements majeurs qui parsèment leur existence. De nombreux thèmes sont abordés: comme la guerre du Vietnam, l’homosexualité, la maladie, les liens qui se serrent et se desserrent. C’était peut-être juste un peu dommage que certains soient abordés de manière si superficielle mais en même temps, dépeindre la vie deux deux femmes sur cinquante ans en moins de quatre-cents pages, cela ne laissait pas non plus le choix.

Là où le bât blesse, c’est quand la maladresse de l’intrigue laisse bien trop rapidement deviner le point central de l’histoire. Les éléments cités sont tellement évidents qu’on ne peut que se douter de la base du récit et, dès lors, on passe son temps à voir tous ces détails cités. La subtilité était-elle recherchée ou était-ce le but de l’auteure? Si c’est la première suggestion, c’est raté. Autant mettre ces descriptions en gras dans le texte, ça reviendrait au même pour dévoiler la suite du roman. C’est le point faible majeur du livre, selon moi. Car tout le reste est très agréable à lire: que ce soit les chemins pris par Ruth et Dana, la plume fluide de Joyce Maynard ou les étapes de la vie racontés au fil des pages. 

MA NOTE: 14/20. Je tenterai très certainement un autre roman de cette auteure en espérant que les grosses ficelles ne soient pas aussi évidentes. Cela reste toutefois une lecture délicieuse grâce à la plume divertissante et efficace. J’imagine cependant que l’histoire se noiera rapidement dans le tourbillon de ces livres sympathiques qui ne laissent pas une souvenir impérissable.

TITRE: Les filles de l’ouragan (VO: The Good Daughters) – AUTEUR: Joyce Maynard – EDITION: 10/18 (2002) – 360 pages

 

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