Le sourire des femmes

« Encore sous le coup du départ soudain de son compagnon, Aurélie remarque dans une librairie un roman intitulé Le sourire des femmes. La lecture passionnée de ce livre, où elle se reconnaît dans le personnage principal, la sauve du désespoir. Aussi décide-t-elle de remercier l’auteur en l’invitant au restaurant. Mais rencontrer l’écrivain par l’intermédiaire de son éditeur se révèle compliqué. »

(Editions Le Livre de Poche – 2015)

★★★☆☆

Voilà un petit roman qui promettait de jolies choses et, en un sens, il remplit sa part du contrat. Il y a toutefois quelques éléments (et pas des moindres) qui ne m’ont pas permis d’apprécier l’histoire comme je l’aurais voulu…

Le livre débute bien, pourtant. Une entrée en matière rapide et simple qui nous glisse dans le quotidien d’Aurélie, à qui la vie semblait sourire. Bien entourée, à la tête du petit restaurant familial, elle vit en couple avec Claude et n’a aucune raison de s’imaginer qu’en quelques jours à peine, sa vie va basculer du tout au tout. Dans ce cas-ci, néanmoins, le meilleur est à venir – et le Jules de la demoiselle ne nous manquera de toute façon pas.

L’écriture simple mais efficace de l’auteur nous invite vraiment à lire cette histoire qui s’annonce pleine de douceur. La couverture comme le résumé font entrevoir une petite romance douce et sucrée qu’on lira avec plaisir – mais qu’on oubliera peut-être aussi rapidement qu’on l’a lue. Du coup, j’ai trouvé la plume plus aboutie que ce à quoi je m’attendais. Le fil conducteur du récit est vite décelé et sans grande surprise mais ça n’est franchement pas dérangeant. Tout cela se laisse lire avec plaisir. Mais… eh oui, parce qu’il y a un mais, et un gros, pour moi.

Et ce mais, à mon sens, ce sont les personnages. Ils n’ont pas vraiment de charme, pas celui auquel je m’attendais d’un roman comme celui-là, en tout cas. J’ai trouvé Aurélie assez fade et banale, quand elle n’était pas agaçante, par moments. André ne m’a pas plus convaincue et, pour une raison que je ne m’explique pas, je n’arrivais pas à me l’imaginer comme le trentenaire qu’il était censé être. Quelque chose dans sa façon d’être me l’a immédiatement dessiné comme un quinquagénaire bedonnant et ronchon et franchement, ça a eu l’art de briser l’atmosphère et j’ai eu beau m’efforcer de le rajeunir dans ma tête, c’était mal engagé. Mais je pense que ce qui m’a le plus embêtée, c’est l’absence d’alchimie qu’il y avait entre les deux protagonistes et qui n’a absolument pas permis d’arriver à adhérer à leur histoire. J’ai trouvé le tout forcé et j’ai dès lors été assez déçue par l’ensemble.

Je tenterai sûrement un autre roman de l’auteur, parce qu’à part les personnages, je trouvais le roman vraiment agréable, mais pour le coup, je ne peux pas vraiment dire que j’ai aimé Le sourire des femmes.

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Thomas et son ombre

« Je n’ai connu Thomas que mort. C’était mon oncle, membre des FTP-MOI. En 1944, il a été fusillé à dix-neuf ans avec ses camarades du Groupe Manouchian, deux ans avant ma naissance. Mais mort ou pas, Dieu sait si je l’ai connu : je suis né dans les pleurs de sa mère, le chagrin des siens, le culte de l’Affiche Rouge sur laquelle il figure. On m’a donné son prénom et j’ai même porté son nom. Son ombre n’a cessé de me suivre, moi le vivant, lui le fantôme. Ce livre est écrit pour que Thomas reprenne vie. Pour que s’approchant de vous, il s’éloigne de moi. »

(Editions Grasset – 2015)

★★★★★

Avec ce roman, Thomas Stern évoque le fantôme d’un jeune homme qu’il n’aura pas connu de son vivant mais qui aura tant pesé sur sa famille que c’est tout comme.

Fusillé en février 1944 après avoir mené de nombreuses actions dans la résistance, Thomas Elek devient l’absence, le mort en héros. Un être insaisissable qui continue pourtant à hanter les siens à travers le chagrin et la fierté. Évoqué en filigrane grâce aux souvenirs que Thomas Stern garde de ce qu’on lui a confié à propos de son oncle, le jeune Elek prend vie dans des chapitres parallèles, où la fiction vient redessiner ce personnage énigmatique. Car sa jeunesse – et par conséquent la brièveté de son existence – auréole Elek d’un mystère impressionnant. Seules quelques photos permettent de mettre un visage à son patronyme hongrois, le reste, c’est Stern qui se charge de l’esquisser, alors qu’il ne l’a pas côtoyé non plus. C’est donc un portrait essentiellement composé de souvenirs familiaux et de ressentis qui permet de présenter ce jeune homme rapidement entré dans l’ombre de la résistance et la traque qui en découle.

J’ai beaucoup aimé ce parallèle, ce fait de voguer entre des chapitres brefs et concis où Elek devient un jeune homme effrayé mais bien décidé à aller au bout de sa tâche, quand bien même il a parfaitement conscience du destin funeste qui l’attend, et ceux qui évoquent plutôt ses liens avec sa mère, sa sœur et l’impact que sa disparition va avoir sur toute la famille.

Thomas Elek devient alors l’une de ces innombrables pièces du puzzle qui composent la Seconde Guerre Mondiale. Ces pièces éparpillées qui représentent ces acteurs du conflit, victimes comme bourreau, et qui aident à intégrer l’importance que cette période a eue sur notre continent et notre société.

Enfin, j’ai particulièrement apprécié la plume de Thomas Stern. Il évoque son oncle tout en finesse et il m’est arrivé à plusieurs reprises de vouloir noter quelque part des bouts de phrases qui sonnaient parfaitement justes. Il émane également de son texte une intimité qui nous absorbe dès les premières lignes.

NEW BOOKS :: june 2016

Le moins de juin a beau ne pas avoir été très joyeux -euphémisme, merci le soleil inexistant et la pluie incessante- , ça ne m’a en rien empêché d’acheter de nouveaux livres, évidemment. J’avais pourtant essayé de me sermonner – la bonne blague – pour limiter les achats, ça n’a pas été une grande réussite. Est-ce que je m’en veux pour autant? Non, non et non. *happy face* On a jamais trop de livres, règle #1!

Parmi les premiers achats (en seconde main), j’ai pu tomber sur ces romans-ci:

 

Niveau box livresques, de jolies découvertes en perspectives (reçue via La Kube, Le box des Lecteurs, Livre-mois et Exploratology). Si vous n’avez pas encore tenté l’aventure, je vous le conseille vraiment, il y en a pour tous les goûts, tous les styles et tous les prix (sur mesure, thématique, etc.)

   

Il y avait également longtemps que je n’avais plus acheté quoi que ce soit en anglais, il me semble, du coup j’ai craqué pour les trois romans suivants (dont j’ai déjà dévoré the Girl inthe Blue Coat):

  

Enfin, ayant pu rendre une petite visite à la jolie librairie (Mot Passant) qui a ouvert dans mon quartier (et où je vais sûrement me ruiner à l’avenir – avec un certain plaisir, évidemment), j’ai pu acheter deux romans qui me faisaient très envie depuis un bon moment. Les voici:

 

Et vous, avez-vous acheté récemment des livres? 

En avez-vous lus parmi ceux cités ci-dessus?

Update lecture ღ June 2016

Le mois de juin a de nouveau été un mois plein de surprises! Voici donc en bref les livres que j’ai pu découvrir récemment:

Le liseur du 6h27 (Jean-Paul Didierlaurent) – Editions Folio (2015) ★★★☆☆

Roman reçu à l’occasion de la commande de ma première KUBE, j’ai pu découvrir une histoire toute douce qui se lit vite. Un choix dans le thème demandé puisque pour ce premier essai, j’avais évoqué l’envie de lire quelque chose de tout doux, juste pour me faire du bien. Mission accomplie avec cette histoire de pages envolées qui font le bonheur des passager du train de 6h27 où un jeune homme solitaire lit à haute-voix les quelques feuillets qu’il a sous la main. C’est dans ce même train qu’il découvre un tout autre genre de récit qui va le mener dans une quête surprenante, à la recherche d’une jeune femme à la plume acidulée qui ne manque pas d’intriguer notre protagoniste.

Les gens heureux lisent et boivent du café (Agnès Martin-Lugand) – Editions Pocket (2014) ★★★★☆

 Voilà un autre roman qui se lit également très vite, bien qu’il soit dans un tout autre style. L’histoire commence en effet plutôt mal puisque Diane perd les êtres qu’elle aime le plus au monde dans un tragique accident. D’abord déprimée et tournant en rond dans sa vie, laissant son quotidien passer sans chercher à se remettre dans le circuit de l’existence, la jeune femme décide sur un coup de tête d’aller vivre en Irlande. L’histoire en elle-même n’a rien de très original mais on entre très vite dans cette histoire et l’écriture fluide de l’auteure permet une immersion totale dès les premières pages. Les personnages sont quelque peu caricaturaux et j’avoue avoir eu du mal avec les réactions de Diane lorsqu’elle rencontre le ténébreux et taciturne Edward mais dans l’ensemble, l’histoire m’a beaucoup plu. Assez, en tout cas, pour que la suite vienne s’ajouter à ma wish-list.

Neverhome (Laird Hunt) – Editions Actes Sud (2015) ★★★☆☆

 J’ai cette fois basculé dans un univers bien différent de mes lectures précédentes. Plongeon à pic dans une histoire sombre où une jeune femme rejoint les rangs de l’armée, prenant la place de son époux et se travestissant pour se fondre parmi ses compatriotes. Embarquée dans des combats sanglants, dans un décor fait de sang et de boue, l’héroïne pose sur son quotidien un regard particulier, à la fois lucide et naïf, selon les moments, selon les circonstances. Elle évolue dans un monde essentiellement masculin et brutal et la plume de l’auteur donne vraiment la sensation d’être englué dans cette atmosphère étouffante, souvent dégoûtante. J’ai bien aimé voyager avec cette jeune femme pleine de courage (et de folie), même si le texte n’avait rien de véritablement agréable, vu les circonstances du récit.

Amours et autres enchantements (Sarah Addison Allen) – Editions Pocket (2013) ★★★★☆

Retour à quelque chose de plus doux avec cette histoire de famille singulière où les héroïnes sont dotées de pouvoirs discrets mais bel et bien magiques qui changent le quotidien de toute une petite ville. Avec les soeurs Waverley, pas question de s’ennuyer. Et c’est vraiment ce côté paisible et sucré qui m’a plu dans ce roman. Les personnes sont certes très clichés mais je les trouvais tellement adorables que cela m’a permis d’apprécier l’ensemble là où le style aurait plutôt tendance à me faire grimacer en temps normal. C’est un peu dommage que le récit ne soit pas plus élaboré parce qu’il y aurait eu de quoi rendre le tout vraiment inoubliable. On peut donc trouver plein de défauts à cette histoire trop gentille, trop prévisible, mais sans que je puisse me l’expliquer, j’ai pu aisément m’accommoder de toutes ces faiblesses pour déguster ce petit roman qui ne fait de mal à personne et qui, dès lors, sera probablement aussi vite oublié.

La bascule du souffle (Herta Müller) – Editions Gallimard (2010) ★★★★☆

 Ce mois de juin m’aura vraiment permis de voguer entre la douceur et la noirceur. Avec ce roman-ci, j’ai pu découvrir un aspect de l’histoire qui est peu évoqué puisqu’il s’agit de l’envoi dans des camps de la population germanophone de Roumanie. On suit le quotidien difficile du jeune Leopold, arrêté et envoyé dans un camp de travail pour cinq ans. Un récit dur, violent, terriblement solitaire, car malgré leur nombre, les prisonniers restent seuls face à leur destin, s’entraidant parfois, se tournant le dos à d’autres. Ils ne se lient jamais vraiment et chacun fait du mieux qu’il peut pour s’en sortir et tant pis si ça nuit à quelqu’un d’autre. C’est vraiment cet aspect-là que je retiendrai de cette histoire.

Cranford (Elizabeth Gaskell) – Editions Points (2012) ★★★☆☆

Avec ce livre-ci (reçu via la box Livre-mois j’ai pu replonger dans l’univers familier des romans à la Jane Austen! L’histoire de ces femmes résidant dans la petite ville de Cranford n’était en effet pas sans rappeler les soeurs Bennett du célèbre Orgueil et Préjugés. Des personnages attachants, un humour décalé et résolument british donnaient à cette histoire tout le charme nécessaire. Je dois toutefois avouer avoir préféré l’écriture de Jane Austen mais ce fut tout de même un plaisir de découvrir l’oeuvre d’Elizabeth Gaskell dont je n’avais personnellement jamais entendu parler avant de recevoir le livre.

L’ombre de ton sourire (Mary Higgins Clark) – Editions Le Livre de Poche (2012) ★★★☆☆

L’avantage de ce roman, c’est aura été vite lu. L’écriture très fluide de Mary Higgins Clark permet en effet de plonger directement au coeur de l’action et de ne pas s’ennuyer une seconde mais ce doit être là l’un des seuls points positifs de cette enquête rocambolesque. Pour le reste, j’ai trouvé les personnages malheureusement trop clichés, de ceux qu’on trouve dans tous les romans de ce style d’auteur (ces auteurs prolifiques qui écrivent abondamment mais qui, au final, ne font rien de bien extraordinaire). J’en ai un peu marre des beaux médecins parfaits et compagnie. Mais ce qui m’a vraiment dérangé, c’est la connexion facile entre tous les personnages. Je ne suis vraiment pas friande de ces facilités mais c’est ce qui permet à ce livre de se lire aussi facilement. Une histoire qui n’est pas du tout le style que j’affectionne mais qui m’aura au moins permis de découvrir un roman de la fameuse madame Higgins Clark (et qui ne me donne pas spécialement de renouveler l’expérience).

Réparer les vivants (Maylis de Kerangal) – Editions Verticales (2014) ★★★★☆

Ce roman-là est une claque, quand même. Une histoire brève (elle se déroule sur vingt-quatre heures) et brutale (la mort cérébrale d’un adolescent enclenche une journée qui changera la vie de bien des personnages) dont toute la force réside dans la plume de l’auteure. Je n’ai pas vraiment eu l’occasion de m’attacher aux personnages mais je ne pense pas que c’était le but de ce livre. Pourtant la tension est bien là et on assiste en spectateurs à ce bouleversement, ces décisions qui doivent être prises rapidement, l’opération délicate du don d’organes. Un roman fort, donc, qui ne s’embarrasse pas de sentiments – même s’il n’en est pas dépourvu non plus. Un roman qui marque. Un roman à lire au moins une fois.

J’ai également lu Le chagrin des vivants (Anna Hope) et Le Village (Dan Smith) mais j’espère pouvoir faire une chronique plus longue sur ces deux coups de coeur. 💕

Et vous?

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