Autres chroniques de San Francisco

 
 » Entre un ouvrier au grand coeur, une star de cinéma et son médecin favori – Jon Fielding, pour ne pas changer – Michael court toujours après l’homme de sa vie, Mary Ann, entrée à la télévision, court après le scoop de la sienne. DeDe revient de loin et Mme Madrigal cultive les petites herbes dans son jardinet… Ajoutez à cela quelques kidnappings, une course-poursuite entre l’Alaska et Barbary Lane, et vous aurez une idée de ce pétillant roman d’où on ressort tout étourdi, un sourire bêta scotché sur les lèvres… « 

(Editions 10/18 – 2012)

★★★★☆

 

C’est drôle comme des éléments qui peuvent être profondément décevants chez certains peuvent se révéler des qualités chez d’autres et la saga d’Armistead Maupin en est pour moi l’exemple le plus flagrant.

Je suis la première à me plaindre lorsqu’un auteur s’amuse à croiser les routes de personnages sans que cela paraisse le moins du monde vraisemblable (mon dernier coup de gueule en ce sens n’est pas si lointain puisqu’il s’agissait d’un roman de Mary Higgins Clark – il m’avait fait sacrément grincer des dents à ce niveau-là). Maupin use pourtant de cette ficelle tout au long des ‘saisons’ de sa saga et cela ne me gêne pas le moins du monde, même si, vu la population qui peuple San Francisco, il me parait peu probable que tant de coïncidences surviennent. Mais, honnêtement, tout ce que je me dis, c’est: et alors? Là où c’est un défaut chez d’autres, c’est ce qui fait tout le charme du monde farfelu des chroniques de San Francisco.

Ce qui me permet de digérer aisément ce trait, je pense, c’est justement cet univers unique que nous offre l’auteur. Personnages multiples, rencontres hasardeuses, humour décapant, tout y est pour donner tant de couleurs à ces vies que nous prenons plaisir à suivre. Les situations sont rocambolesques, les retournements peu attendus mais, à nouveau, ces éléments qui pourraient érafler la fluidité de l’histoire ne plombent pas l’ambiance générale.

Alors, certes, ma lecture du tome précédent remontant assez, il m’a fallu quelques pages pour me remettre dans le bain, Maupin ayant tendance à nous assaillir de personnages, mais une fois glissée dans le roman, je n’ai plus pu le lâcher. La force réside dans cette façon si singulière qu’a l’auteur d’aller droit à l’essentiel (autre point qui peut me faire grimacer chez d’autres, quand je trouve qu’on n’arrive pas à s’imprégner suffisamment des scènes offertes) sans que je ressente la moindre frustration par rapport à la vitesse à laquelle les petits chapitres se suivent. Emportée par les folles aventures des protagonistes, je me suis évidemment retrouvée à finir le livre sans même m’en rendre compte.

C’est donc une drôle de sensation que je ressens à chaque fois que je lis un tome de cette saga: je note bien tous ces détails qui ont tendance à m’agacer ailleurs et qui, dans ce cas-ci, génèrent un engouement sincère et je garde précieusement cette idée que, si je suis un peu triste de finir le livre, je me console en me disant qu’il y en a un autre qui m’attend et que je retrouverai bientôt la joyeuse petite troupe de Barbary Lane!

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