Update lecture ღ June 2016

Le mois de juin a de nouveau été un mois plein de surprises! Voici donc en bref les livres que j’ai pu découvrir récemment:

Le liseur du 6h27 (Jean-Paul Didierlaurent) – Editions Folio (2015) ★★★☆☆

Roman reçu à l’occasion de la commande de ma première KUBE, j’ai pu découvrir une histoire toute douce qui se lit vite. Un choix dans le thème demandé puisque pour ce premier essai, j’avais évoqué l’envie de lire quelque chose de tout doux, juste pour me faire du bien. Mission accomplie avec cette histoire de pages envolées qui font le bonheur des passager du train de 6h27 où un jeune homme solitaire lit à haute-voix les quelques feuillets qu’il a sous la main. C’est dans ce même train qu’il découvre un tout autre genre de récit qui va le mener dans une quête surprenante, à la recherche d’une jeune femme à la plume acidulée qui ne manque pas d’intriguer notre protagoniste.

Les gens heureux lisent et boivent du café (Agnès Martin-Lugand) – Editions Pocket (2014) ★★★★☆

 Voilà un autre roman qui se lit également très vite, bien qu’il soit dans un tout autre style. L’histoire commence en effet plutôt mal puisque Diane perd les êtres qu’elle aime le plus au monde dans un tragique accident. D’abord déprimée et tournant en rond dans sa vie, laissant son quotidien passer sans chercher à se remettre dans le circuit de l’existence, la jeune femme décide sur un coup de tête d’aller vivre en Irlande. L’histoire en elle-même n’a rien de très original mais on entre très vite dans cette histoire et l’écriture fluide de l’auteure permet une immersion totale dès les premières pages. Les personnages sont quelque peu caricaturaux et j’avoue avoir eu du mal avec les réactions de Diane lorsqu’elle rencontre le ténébreux et taciturne Edward mais dans l’ensemble, l’histoire m’a beaucoup plu. Assez, en tout cas, pour que la suite vienne s’ajouter à ma wish-list.

Neverhome (Laird Hunt) – Editions Actes Sud (2015) ★★★☆☆

 J’ai cette fois basculé dans un univers bien différent de mes lectures précédentes. Plongeon à pic dans une histoire sombre où une jeune femme rejoint les rangs de l’armée, prenant la place de son époux et se travestissant pour se fondre parmi ses compatriotes. Embarquée dans des combats sanglants, dans un décor fait de sang et de boue, l’héroïne pose sur son quotidien un regard particulier, à la fois lucide et naïf, selon les moments, selon les circonstances. Elle évolue dans un monde essentiellement masculin et brutal et la plume de l’auteur donne vraiment la sensation d’être englué dans cette atmosphère étouffante, souvent dégoûtante. J’ai bien aimé voyager avec cette jeune femme pleine de courage (et de folie), même si le texte n’avait rien de véritablement agréable, vu les circonstances du récit.

Amours et autres enchantements (Sarah Addison Allen) – Editions Pocket (2013) ★★★★☆

Retour à quelque chose de plus doux avec cette histoire de famille singulière où les héroïnes sont dotées de pouvoirs discrets mais bel et bien magiques qui changent le quotidien de toute une petite ville. Avec les soeurs Waverley, pas question de s’ennuyer. Et c’est vraiment ce côté paisible et sucré qui m’a plu dans ce roman. Les personnes sont certes très clichés mais je les trouvais tellement adorables que cela m’a permis d’apprécier l’ensemble là où le style aurait plutôt tendance à me faire grimacer en temps normal. C’est un peu dommage que le récit ne soit pas plus élaboré parce qu’il y aurait eu de quoi rendre le tout vraiment inoubliable. On peut donc trouver plein de défauts à cette histoire trop gentille, trop prévisible, mais sans que je puisse me l’expliquer, j’ai pu aisément m’accommoder de toutes ces faiblesses pour déguster ce petit roman qui ne fait de mal à personne et qui, dès lors, sera probablement aussi vite oublié.

La bascule du souffle (Herta Müller) – Editions Gallimard (2010) ★★★★☆

 Ce mois de juin m’aura vraiment permis de voguer entre la douceur et la noirceur. Avec ce roman-ci, j’ai pu découvrir un aspect de l’histoire qui est peu évoqué puisqu’il s’agit de l’envoi dans des camps de la population germanophone de Roumanie. On suit le quotidien difficile du jeune Leopold, arrêté et envoyé dans un camp de travail pour cinq ans. Un récit dur, violent, terriblement solitaire, car malgré leur nombre, les prisonniers restent seuls face à leur destin, s’entraidant parfois, se tournant le dos à d’autres. Ils ne se lient jamais vraiment et chacun fait du mieux qu’il peut pour s’en sortir et tant pis si ça nuit à quelqu’un d’autre. C’est vraiment cet aspect-là que je retiendrai de cette histoire.

Cranford (Elizabeth Gaskell) – Editions Points (2012) ★★★☆☆

Avec ce livre-ci (reçu via la box Livre-mois j’ai pu replonger dans l’univers familier des romans à la Jane Austen! L’histoire de ces femmes résidant dans la petite ville de Cranford n’était en effet pas sans rappeler les soeurs Bennett du célèbre Orgueil et Préjugés. Des personnages attachants, un humour décalé et résolument british donnaient à cette histoire tout le charme nécessaire. Je dois toutefois avouer avoir préféré l’écriture de Jane Austen mais ce fut tout de même un plaisir de découvrir l’oeuvre d’Elizabeth Gaskell dont je n’avais personnellement jamais entendu parler avant de recevoir le livre.

L’ombre de ton sourire (Mary Higgins Clark) – Editions Le Livre de Poche (2012) ★★★☆☆

L’avantage de ce roman, c’est aura été vite lu. L’écriture très fluide de Mary Higgins Clark permet en effet de plonger directement au coeur de l’action et de ne pas s’ennuyer une seconde mais ce doit être là l’un des seuls points positifs de cette enquête rocambolesque. Pour le reste, j’ai trouvé les personnages malheureusement trop clichés, de ceux qu’on trouve dans tous les romans de ce style d’auteur (ces auteurs prolifiques qui écrivent abondamment mais qui, au final, ne font rien de bien extraordinaire). J’en ai un peu marre des beaux médecins parfaits et compagnie. Mais ce qui m’a vraiment dérangé, c’est la connexion facile entre tous les personnages. Je ne suis vraiment pas friande de ces facilités mais c’est ce qui permet à ce livre de se lire aussi facilement. Une histoire qui n’est pas du tout le style que j’affectionne mais qui m’aura au moins permis de découvrir un roman de la fameuse madame Higgins Clark (et qui ne me donne pas spécialement de renouveler l’expérience).

Réparer les vivants (Maylis de Kerangal) – Editions Verticales (2014) ★★★★☆

Ce roman-là est une claque, quand même. Une histoire brève (elle se déroule sur vingt-quatre heures) et brutale (la mort cérébrale d’un adolescent enclenche une journée qui changera la vie de bien des personnages) dont toute la force réside dans la plume de l’auteure. Je n’ai pas vraiment eu l’occasion de m’attacher aux personnages mais je ne pense pas que c’était le but de ce livre. Pourtant la tension est bien là et on assiste en spectateurs à ce bouleversement, ces décisions qui doivent être prises rapidement, l’opération délicate du don d’organes. Un roman fort, donc, qui ne s’embarrasse pas de sentiments – même s’il n’en est pas dépourvu non plus. Un roman qui marque. Un roman à lire au moins une fois.

J’ai également lu Le chagrin des vivants (Anna Hope) et Le Village (Dan Smith) mais j’espère pouvoir faire une chronique plus longue sur ces deux coups de coeur. 💕

Et vous?

Quels sont vos derniers coups de cœur?

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ORGUEIL ET PREJUGES

Pride and Prejudice  (VO) – Editions Le Livre de Poche (Les Classiques de Poche – 2011) – 512 pages

RESUMEOrgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d’un mariage: l’héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n’est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l’épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu’il n’y a en fait qu’un héros qui est l’héroïne, et que c’est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

AVIS: Lorsqu’un livre est adapté au cinéma, je préfère largement commencer par le lire avant de voir ce que cela donne sur grand écran. Dans ce cas-ci, cependant, ça n’a pas pu être le cas, le film du même nom de 2005 avec Keira Knightley en tête d’affiche ayant été depuis longtemps vu et revu. Mais j’avais envie d’élargir mes connaissances des classiques et lorsque j’ai reçu Orgueil et Préjugés pour mon anniversaire, cela m’a permis d’ajouter celui-ci à mes livres lus.

Connaitre par coeur l’histoire qui secoue le quotidien de la famille Bennett ne m’a pas posé le moindre problème. La plume de Jane Austen m’a permis de me plonger dans le roman sans regretter de déjà en connaitre la suite. J’ai d’ailleurs passé une bonne partie de ma lecture à essayer de remettre les pièces du puzzle dans l’ordre, ma dernière vision du film remontant à quelques années déjà. J’ai pu ainsi découvrir tout un univers qui doit sa vivacité et son charme au fait que l’auteure a vécu à peu près à la même époque que l’histoire. Les dialogues piquants étaient très rafraichissants et je ne pouvais m’empêcher de sourire aux facéties d’Elizabeth en connaissant l’erreur dans laquelle elle évolue. J’ai apprécié les personnages charmants et pleins de défauts qu’elle dépeint – entre Mrs Bennett qui ne pense qu’à marier ses filles, Lydia et Kitty qui se montrent particulièrement écervelées, l’embarrassant Mr Collins qui se révèle un cas désespéré en société et et le très réservé Mr Darcy qui cache bien des qualités – ainsi que le tumulte du récit et les conséquences des actes de chacun.

Plus j’avançais dans le roman, plus j’avais hâte de revoir le film pour le voir avec un nouveau regard et je n’ai pas été déçue. Connaitre davantage les personnages et les relations qu’ils entretiennent m’a permis de déceler de nouveaux détails et j’ai maintenant la sensation que les protagonistes font partie de moi, ce qui est assez étrange. C’est en tout cas une histoire qui ne laisse pas indifférent, moderne malgré l’époque à laquelle cela se passe, avec ce qu’il faut du temps passé pour faire un merveilleux voyage dans le temps.

NOTE: 18/20 pour ce joli coup de cœur qui fait beaucoup de bien et qui donne très envie de se plonger dans d’autres œuvres de l’auteure.

 

 

LES SOUFFRANCES DU JEUNE WERTHER

Le livre de Poche (Les Classiques de Poche) – 190 pages

RESUMEManifeste exalté de l’impétueuse jeunesse, Les Souffrances du jeune Werther est le roman qui donna ses lettres de noblesse à Goethe. Le succès de cette oeuvre parue en 1774 fut étonnant pour l’époque et le personnage de Werther devint le symbole d’une génération entière. Quête d’absolu, transcendance de l’amour, lyrisme de la douleur… il s’agit bien là d’un des plus célèbres textes fondateurs du Romantisme. Werther, perché sur le pic solitaire de la passion qu’il éprouve pour Charlotte, est en proie au vertige. L’objet de son désir n’est autre que la fiancée de son meilleur ami, mais la pureté de son âme ne saurait tolérer l’idée même d’une trahison. Goethe ne se contente pas de mettre en scène un terrible dilemme, il livre une analyse extrêmement fine des tourments intérieurs de son personnage qui finira par se donner la mort. Mais le suicide de Werther n’est pas seulement la réaction suprême à un amour impossible, il résulte également d’un terrible constat d’échec : l’humain ne peut atteindre l’absolu, la souffrance est une fatalité à laquelle aucun être sensible ne peut se soustraire. Une oeuvre qui met en lumière la cruauté de l’existence, qui inflige à l’innocence son macabre cortège de désillusions.

AVIS: C’est en lisant l’oeuvre de Jorge Semprun (L’Ecriture ou la vie), témoignage de cet écrivain rescapé des camps de la mort que je me suis intéressée à Goethe (qui, jusque-là, n’était qu’un vague nom allemand qui ne m’évoquait rien). Mentionné à plusieurs reprises dans le récit parce que le camp où Semprun a été emprisonné se trouvait non loin de la ville du célèbre auteur allemand, Goethe est forcément resté dans mon esprit et Les Souffrances du jeune Werther a vite intégré ma PAL.

J’ai eu un peu de mal à intégrer réellement le récit, pourtant. Les déboires de Werther et de son amour pour Charlotte ont pris la forme épistolaire et on découvre dans le détail les dérives et la douleur de cet amour platonique que le protagoniste refoule comme il le peut. Je ne sais pas si ce n’était pas une période propice pour moi de lire ce classique mais j’ai peiné à m’intéresser aux soucis sentimentaux du narrateur. Les références aux textes bibliques et autres étaient bien expliqués (et nécessaires pour ceux qui ne sont pas familiers de ces paraboles) mais ont malgré tout alourdi le texte qui n’était déjà pas toujours simple dans sa construction. De plus, cela m’a donné le sentiment de retourner à l’époque scolaire où tous les textes étaient scrupuleusement décortiqués pour en découvrir le sens caché – ô que j’avais horreur de ça il y a dix ans, je ne l’aime pas plus maintenant!

Toutefois, certains aspects et expressions de la souffrance me semblent toujours très actuels. Werther a tendance à exagérer, évidemment, mais l’essentiel ramène à des faits connus, à des choses que l’on croise au cours de sa vie, des expériences similaires qui permettent de comprendre les aléas de l’humeur du narrateur. Werther donne plutôt l’impression d’être atteint de dépression chronique mais qui n’a pas ressenti ce qu’il a ressenti? Le passage d’une joie lumineuse à un tempérament ombrageux, un détail futile qui ruine une journée qui avait pourtant bien commencé? Les sentiments contradictoires qu’une personne peut faire remonter? Tant de choses qui, pour ma part, m’ont touchée.

Dès lors, je ne peux qu’affirmer être ravie d’avoir fait cette découverte même si d’autres classiques m’ont davantage plu que celui-là. A mes prochaines rencontres avec Goethe à travers d’autres textes ou évocations, j’aurai quelque chose à rattacher à ce nom.

MA NOTE: 15/20 pour une lecture intéressante mais un peu fastidieuse par moments, sans savoir si c’est dû aux références constantes aux textes bibliques et autres ou au fait que ce texte a un peu mal vieilli.