Le sourire des femmes

« Encore sous le coup du départ soudain de son compagnon, Aurélie remarque dans une librairie un roman intitulé Le sourire des femmes. La lecture passionnée de ce livre, où elle se reconnaît dans le personnage principal, la sauve du désespoir. Aussi décide-t-elle de remercier l’auteur en l’invitant au restaurant. Mais rencontrer l’écrivain par l’intermédiaire de son éditeur se révèle compliqué. »

(Editions Le Livre de Poche – 2015)

★★★☆☆

Voilà un petit roman qui promettait de jolies choses et, en un sens, il remplit sa part du contrat. Il y a toutefois quelques éléments (et pas des moindres) qui ne m’ont pas permis d’apprécier l’histoire comme je l’aurais voulu…

Le livre débute bien, pourtant. Une entrée en matière rapide et simple qui nous glisse dans le quotidien d’Aurélie, à qui la vie semblait sourire. Bien entourée, à la tête du petit restaurant familial, elle vit en couple avec Claude et n’a aucune raison de s’imaginer qu’en quelques jours à peine, sa vie va basculer du tout au tout. Dans ce cas-ci, néanmoins, le meilleur est à venir – et le Jules de la demoiselle ne nous manquera de toute façon pas.

L’écriture simple mais efficace de l’auteur nous invite vraiment à lire cette histoire qui s’annonce pleine de douceur. La couverture comme le résumé font entrevoir une petite romance douce et sucrée qu’on lira avec plaisir – mais qu’on oubliera peut-être aussi rapidement qu’on l’a lue. Du coup, j’ai trouvé la plume plus aboutie que ce à quoi je m’attendais. Le fil conducteur du récit est vite décelé et sans grande surprise mais ça n’est franchement pas dérangeant. Tout cela se laisse lire avec plaisir. Mais… eh oui, parce qu’il y a un mais, et un gros, pour moi.

Et ce mais, à mon sens, ce sont les personnages. Ils n’ont pas vraiment de charme, pas celui auquel je m’attendais d’un roman comme celui-là, en tout cas. J’ai trouvé Aurélie assez fade et banale, quand elle n’était pas agaçante, par moments. André ne m’a pas plus convaincue et, pour une raison que je ne m’explique pas, je n’arrivais pas à me l’imaginer comme le trentenaire qu’il était censé être. Quelque chose dans sa façon d’être me l’a immédiatement dessiné comme un quinquagénaire bedonnant et ronchon et franchement, ça a eu l’art de briser l’atmosphère et j’ai eu beau m’efforcer de le rajeunir dans ma tête, c’était mal engagé. Mais je pense que ce qui m’a le plus embêtée, c’est l’absence d’alchimie qu’il y avait entre les deux protagonistes et qui n’a absolument pas permis d’arriver à adhérer à leur histoire. J’ai trouvé le tout forcé et j’ai dès lors été assez déçue par l’ensemble.

Je tenterai sûrement un autre roman de l’auteur, parce qu’à part les personnages, je trouvais le roman vraiment agréable, mais pour le coup, je ne peux pas vraiment dire que j’ai aimé Le sourire des femmes.

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Update lecture ღ June 2016

Le mois de juin a de nouveau été un mois plein de surprises! Voici donc en bref les livres que j’ai pu découvrir récemment:

Le liseur du 6h27 (Jean-Paul Didierlaurent) – Editions Folio (2015) ★★★☆☆

Roman reçu à l’occasion de la commande de ma première KUBE, j’ai pu découvrir une histoire toute douce qui se lit vite. Un choix dans le thème demandé puisque pour ce premier essai, j’avais évoqué l’envie de lire quelque chose de tout doux, juste pour me faire du bien. Mission accomplie avec cette histoire de pages envolées qui font le bonheur des passager du train de 6h27 où un jeune homme solitaire lit à haute-voix les quelques feuillets qu’il a sous la main. C’est dans ce même train qu’il découvre un tout autre genre de récit qui va le mener dans une quête surprenante, à la recherche d’une jeune femme à la plume acidulée qui ne manque pas d’intriguer notre protagoniste.

Les gens heureux lisent et boivent du café (Agnès Martin-Lugand) – Editions Pocket (2014) ★★★★☆

 Voilà un autre roman qui se lit également très vite, bien qu’il soit dans un tout autre style. L’histoire commence en effet plutôt mal puisque Diane perd les êtres qu’elle aime le plus au monde dans un tragique accident. D’abord déprimée et tournant en rond dans sa vie, laissant son quotidien passer sans chercher à se remettre dans le circuit de l’existence, la jeune femme décide sur un coup de tête d’aller vivre en Irlande. L’histoire en elle-même n’a rien de très original mais on entre très vite dans cette histoire et l’écriture fluide de l’auteure permet une immersion totale dès les premières pages. Les personnages sont quelque peu caricaturaux et j’avoue avoir eu du mal avec les réactions de Diane lorsqu’elle rencontre le ténébreux et taciturne Edward mais dans l’ensemble, l’histoire m’a beaucoup plu. Assez, en tout cas, pour que la suite vienne s’ajouter à ma wish-list.

Neverhome (Laird Hunt) – Editions Actes Sud (2015) ★★★☆☆

 J’ai cette fois basculé dans un univers bien différent de mes lectures précédentes. Plongeon à pic dans une histoire sombre où une jeune femme rejoint les rangs de l’armée, prenant la place de son époux et se travestissant pour se fondre parmi ses compatriotes. Embarquée dans des combats sanglants, dans un décor fait de sang et de boue, l’héroïne pose sur son quotidien un regard particulier, à la fois lucide et naïf, selon les moments, selon les circonstances. Elle évolue dans un monde essentiellement masculin et brutal et la plume de l’auteur donne vraiment la sensation d’être englué dans cette atmosphère étouffante, souvent dégoûtante. J’ai bien aimé voyager avec cette jeune femme pleine de courage (et de folie), même si le texte n’avait rien de véritablement agréable, vu les circonstances du récit.

Amours et autres enchantements (Sarah Addison Allen) – Editions Pocket (2013) ★★★★☆

Retour à quelque chose de plus doux avec cette histoire de famille singulière où les héroïnes sont dotées de pouvoirs discrets mais bel et bien magiques qui changent le quotidien de toute une petite ville. Avec les soeurs Waverley, pas question de s’ennuyer. Et c’est vraiment ce côté paisible et sucré qui m’a plu dans ce roman. Les personnes sont certes très clichés mais je les trouvais tellement adorables que cela m’a permis d’apprécier l’ensemble là où le style aurait plutôt tendance à me faire grimacer en temps normal. C’est un peu dommage que le récit ne soit pas plus élaboré parce qu’il y aurait eu de quoi rendre le tout vraiment inoubliable. On peut donc trouver plein de défauts à cette histoire trop gentille, trop prévisible, mais sans que je puisse me l’expliquer, j’ai pu aisément m’accommoder de toutes ces faiblesses pour déguster ce petit roman qui ne fait de mal à personne et qui, dès lors, sera probablement aussi vite oublié.

La bascule du souffle (Herta Müller) – Editions Gallimard (2010) ★★★★☆

 Ce mois de juin m’aura vraiment permis de voguer entre la douceur et la noirceur. Avec ce roman-ci, j’ai pu découvrir un aspect de l’histoire qui est peu évoqué puisqu’il s’agit de l’envoi dans des camps de la population germanophone de Roumanie. On suit le quotidien difficile du jeune Leopold, arrêté et envoyé dans un camp de travail pour cinq ans. Un récit dur, violent, terriblement solitaire, car malgré leur nombre, les prisonniers restent seuls face à leur destin, s’entraidant parfois, se tournant le dos à d’autres. Ils ne se lient jamais vraiment et chacun fait du mieux qu’il peut pour s’en sortir et tant pis si ça nuit à quelqu’un d’autre. C’est vraiment cet aspect-là que je retiendrai de cette histoire.

Cranford (Elizabeth Gaskell) – Editions Points (2012) ★★★☆☆

Avec ce livre-ci (reçu via la box Livre-mois j’ai pu replonger dans l’univers familier des romans à la Jane Austen! L’histoire de ces femmes résidant dans la petite ville de Cranford n’était en effet pas sans rappeler les soeurs Bennett du célèbre Orgueil et Préjugés. Des personnages attachants, un humour décalé et résolument british donnaient à cette histoire tout le charme nécessaire. Je dois toutefois avouer avoir préféré l’écriture de Jane Austen mais ce fut tout de même un plaisir de découvrir l’oeuvre d’Elizabeth Gaskell dont je n’avais personnellement jamais entendu parler avant de recevoir le livre.

L’ombre de ton sourire (Mary Higgins Clark) – Editions Le Livre de Poche (2012) ★★★☆☆

L’avantage de ce roman, c’est aura été vite lu. L’écriture très fluide de Mary Higgins Clark permet en effet de plonger directement au coeur de l’action et de ne pas s’ennuyer une seconde mais ce doit être là l’un des seuls points positifs de cette enquête rocambolesque. Pour le reste, j’ai trouvé les personnages malheureusement trop clichés, de ceux qu’on trouve dans tous les romans de ce style d’auteur (ces auteurs prolifiques qui écrivent abondamment mais qui, au final, ne font rien de bien extraordinaire). J’en ai un peu marre des beaux médecins parfaits et compagnie. Mais ce qui m’a vraiment dérangé, c’est la connexion facile entre tous les personnages. Je ne suis vraiment pas friande de ces facilités mais c’est ce qui permet à ce livre de se lire aussi facilement. Une histoire qui n’est pas du tout le style que j’affectionne mais qui m’aura au moins permis de découvrir un roman de la fameuse madame Higgins Clark (et qui ne me donne pas spécialement de renouveler l’expérience).

Réparer les vivants (Maylis de Kerangal) – Editions Verticales (2014) ★★★★☆

Ce roman-là est une claque, quand même. Une histoire brève (elle se déroule sur vingt-quatre heures) et brutale (la mort cérébrale d’un adolescent enclenche une journée qui changera la vie de bien des personnages) dont toute la force réside dans la plume de l’auteure. Je n’ai pas vraiment eu l’occasion de m’attacher aux personnages mais je ne pense pas que c’était le but de ce livre. Pourtant la tension est bien là et on assiste en spectateurs à ce bouleversement, ces décisions qui doivent être prises rapidement, l’opération délicate du don d’organes. Un roman fort, donc, qui ne s’embarrasse pas de sentiments – même s’il n’en est pas dépourvu non plus. Un roman qui marque. Un roman à lire au moins une fois.

J’ai également lu Le chagrin des vivants (Anna Hope) et Le Village (Dan Smith) mais j’espère pouvoir faire une chronique plus longue sur ces deux coups de coeur. 💕

Et vous?

Quels sont vos derniers coups de cœur?

Update lecture ღ May 2016

Je me rends compte, qu’en fait, chroniquer des lectures, ça prend beaucoup de temps. Au début, ça va toujours bien, on sent l’inspiration, la motivation mais au bout de quelques livres, je vois déjà que l’assiduité n’est plus ce qu’elle était. Le retard s’accumule et au final, il n’y a rien qui avance. Alors plutôt que de me forcer et culpabiliser, je me suis dit que j’allais opérer autrement: avec des updates lectures, moins contraignantes, quitte à m’atteler à une chronique plus complète si le livre m’inspire tout un commentaire.

Pour ce mois de mai, donc, voici ce qui est passé entre mes mains:

may2016

Tout ce que je suis (Anna Funder) – Editions 10/18 (2015) ★★★★☆

Roman à deux voix (celle de Ernst Toller en 1939 et celle de Ruth Wesemann en 2001) qui évoque le destin singulier d’hommes et femmes qui, en voyant la montée du nazisme en Allemagne, ce sont efforcés de protester avant d’être poussés à quitter le pays. Une part de l’histoire que l’on retrouve peu dans les romans – du moins, je n’en connais aucun autre – et qui est très intéressante. Si le départ est un peu perturbant (Ernst et Ruth raconte tous deux des événements qui se produisent avant 1939) parce que les protagonistes abordent le sujet à des moments très différents de leur vie, le décalage est vite intégré et, dès lors, on plonge en pleine période trouble de l’entre-deux guerres. On s’attache rapidement à ces êtres pleins de convictions et de courage, mais aussi humains et faibles, parfois. C’est un texte important qui éclaire une part d’ombre de l’Allemagne. Et bien qu’on connaisse dès le départ le destin tragique de certains des personnages, on ne peut s’empêcher de tourner les pages pour comprendre, pour savoir ce qu’ils ont traversés pour en arriver là où ils sont.

Gilead (Marilynne Robinson) – Editions Babel (2015) ★★★★☆

Ce roman-ci, je ne l’aurais certainement pas choisi en premier lieu. La couverture ne m’aurait pas attirée (et il faut bien l’avouer, si c’est l’histoire qui prime, c’est bien l’image qui happe le regard au départ) et le résumé, bien qu’agréable, n’aurait pas suffi à me le faire acheter. C’est donc tout aussi bien que je l’aie reçu dans une box livresque Exploratology (si vous ne la connaissez pas, je vous invite à aller découvrir le site magnifique qui fait rêver à lui tout seul), accompagné de jolies cartes, de délicieux thés et de biscuits savoureux, le tout adorablement emballé. Parce que je suis contente d’avoir pu suivre le récit du Révérend John Ames qui écrit à son tout jeune fils une longue lettre pleine de raison et d’âme. Loin de s’enliser dans des évocations religieuses qui auraient eu tôt fait de m’assommer, c’est une véritable méditation sur l’être humain et ses paradoxes qu’il évoque en parlant de son père et de son grand-père, tous deux très différents l’un de l’autre. J’ai particulièrement aimé la réflexion que le Révérend porte sur ses propres travers, ses propres faiblesses. C’est une narration très originale qui emporte loin. C’est un roman profondément humain que j’aurai plaisir à partager avec mes proches.

Haute-Pierre (Patrick Cauvin) – Editions Le Livre de Poche (1985) ★★★★☆

Premier livre à faire partie de ma bonne résolution de ne plus systématiquement acheter des livres et de plutôt me tourner vers la bibliothèque mais pas premier essai de lecture de Patrick Cauvin puisque j’avais déjà découvert son roman Venge-moi! qui m’avait énormément plu. Celui-ci ne fait que me conforter dans l’idée que c’est un auteur que j’apprécie beaucoup. Son écriture est simple mais efficace et ce roman centré sur une maison hantée était une très agréable lecture. J’ai particulièrement aimé les personnages et les évocations d’autres maisons et manoirs au passé mystérieux et inquiétant. Un roman qui se lit très vite et dont on ne demande probablement pas beaucoup plus. J’ai hâte de découvrir d’autres histoires de ce conteur de talent.

La grande nageuse (Olivier Frébourg) – Editions Folio (2015) ★★☆☆☆

Autre découverte via une box livresque (cette fois envoyée par Livre-mois), l’histoire de ce couple singulier formé par le narrateur et Marion, une jeune femme aussi à l’aise dans l’eau qu’une belle sirène. Je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire parce que les thèmes et la façon dont ils étaient abordés ne m’évoquaient rien. La marine, la peinture, ça peut être passionnant mais dans ce cas-ci, ça ne m’a pas touchée. Pas plus que les personnages (difficile de s’attacher au narrateur et sa description de Marion ne permet pas vraiment non plus de développer quelque chose pour elle) ou leur histoire étrange et sans réel charme. Après, la plume était agréable, ce qui m’a permis de ne pas trouver la lecture déplaisante mais si le livre avait été plus épais, je ne suis pas certaine que j’aurais pu en dire autant. C’est précisément sa taille fine (176 pages) qui m’a poussée à me dire ‘allez, c’est pas grave, la prochaine sélection sera mieux‘. Après tout, c’est le jeu, on ne peut pas aimer tout ce que l’on reçoit et comme c’était le premier envoi de l’abonnement, j’attends de voir ce qui sera envoyé ensuite. (En vrai je l’ai déjà reçu mais pas encore lu, ce sera pour un prochain update lecture).

Nymphéas noirs (Michel Bussi) – Editions Pocket (2013) ★★★★☆

Enfin, pour ce premier update lecture, je termine avec un roman de Michel Bussi. A force de voir le nom de cet auteur un peu partout, j’étais curieuse de découvrir ses romans, d’autant que les résumés sont toujours très alléchants. Et que dire sinon que j’ai vraiment adoré ce livre. L’écriture peut paraitre simple, dépourvue de phrases alambiquées qui font parfois le charme de certains romans mais c’est justement cette aisance à rentrer dans le roman qui permet d’apprécier autant cette enquête sur fond de peinture et de nénuphars (comme quoi, là, la peinture ne m’a pas gênée du tout). J’ai trouvé Giverny très bien décrit et l’intrigue très prenante. J’avais lu que la chute était surprenante alors j’essayais de deviner la trame avant la fin et si quelques soupçons sont arrivés, c’est bel et bien juste avant de les voir confirmés. Un vrai page-turner que je regrette presque d’avoir loué au lieu d’acheter mais rien ne m’empêchera de le faire plus tard, après tout. En tout cas, je serai ravie de découvrir d’autres romans de cet auteur, surtout s’ils sont aussi surprenants!

ORGUEIL ET PREJUGES

Pride and Prejudice  (VO) – Editions Le Livre de Poche (Les Classiques de Poche – 2011) – 512 pages

RESUMEOrgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d’un mariage: l’héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n’est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l’épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu’il n’y a en fait qu’un héros qui est l’héroïne, et que c’est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

AVIS: Lorsqu’un livre est adapté au cinéma, je préfère largement commencer par le lire avant de voir ce que cela donne sur grand écran. Dans ce cas-ci, cependant, ça n’a pas pu être le cas, le film du même nom de 2005 avec Keira Knightley en tête d’affiche ayant été depuis longtemps vu et revu. Mais j’avais envie d’élargir mes connaissances des classiques et lorsque j’ai reçu Orgueil et Préjugés pour mon anniversaire, cela m’a permis d’ajouter celui-ci à mes livres lus.

Connaitre par coeur l’histoire qui secoue le quotidien de la famille Bennett ne m’a pas posé le moindre problème. La plume de Jane Austen m’a permis de me plonger dans le roman sans regretter de déjà en connaitre la suite. J’ai d’ailleurs passé une bonne partie de ma lecture à essayer de remettre les pièces du puzzle dans l’ordre, ma dernière vision du film remontant à quelques années déjà. J’ai pu ainsi découvrir tout un univers qui doit sa vivacité et son charme au fait que l’auteure a vécu à peu près à la même époque que l’histoire. Les dialogues piquants étaient très rafraichissants et je ne pouvais m’empêcher de sourire aux facéties d’Elizabeth en connaissant l’erreur dans laquelle elle évolue. J’ai apprécié les personnages charmants et pleins de défauts qu’elle dépeint – entre Mrs Bennett qui ne pense qu’à marier ses filles, Lydia et Kitty qui se montrent particulièrement écervelées, l’embarrassant Mr Collins qui se révèle un cas désespéré en société et et le très réservé Mr Darcy qui cache bien des qualités – ainsi que le tumulte du récit et les conséquences des actes de chacun.

Plus j’avançais dans le roman, plus j’avais hâte de revoir le film pour le voir avec un nouveau regard et je n’ai pas été déçue. Connaitre davantage les personnages et les relations qu’ils entretiennent m’a permis de déceler de nouveaux détails et j’ai maintenant la sensation que les protagonistes font partie de moi, ce qui est assez étrange. C’est en tout cas une histoire qui ne laisse pas indifférent, moderne malgré l’époque à laquelle cela se passe, avec ce qu’il faut du temps passé pour faire un merveilleux voyage dans le temps.

NOTE: 18/20 pour ce joli coup de cœur qui fait beaucoup de bien et qui donne très envie de se plonger dans d’autres œuvres de l’auteure.

 

 

AVANT TOI

Couverture Avant toi, tome 1

Me Before You (VO) – Editions Milady – 524 pages

RESUMEQuand Lou apprend que le bar où elle est serveuse depuis des années, met la clé sous la porte, c’est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l’Angleterre, elle se démène pour dégoter un job qui lui permettra d’apporter à sa famille le soutien financier nécessaire. On lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. C’est alors que la jeune femme découvre Will, un jeune tétraplégique qui rêve de mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

AVIS: Vu que tout le monde ou presque parlait de ce livre, je me suis dit que j’allais le lire. C’était le premier que j’ai acheté pour le lire sur une tablette. Est-ce que ça a contribué au fait que je n’ai pas du tout aimé? Peut-être, mais sûrement pas seulement.

On me l’a si justement fait remarquer: je n’ai peut-être pas abordé le livre comme il se devait. Si j’avais moins attendu de ce roman – enfin, de ce thème, surtout – peut-être que j’aurais été un peu moins critique et plus indulgente, ça m’aurait permis de ne pas développer une allergie à cette histoire à laquelle je n’ai rien trouvé de très positif.

Qu’espérais-je, au juste? Plus de drame? Plus d’intensité? Oui, clairement. Alors quand je me suis retrouvée face à ce récit sans saveur, j’ai complètement déchanté.

Pour commencer, j’ai trouvé la plume très fade, les descriptions ne servaient parfois pas à grand-chose et les dialogues ne relevaient pas le niveau. J’aurais aimé avoir une réelle intensité, une fouille profonde des sentiments, du côté de Lou comme du côté de Will, et au final, ça ne m’a semblé qu’une suite de scènes pleines de clichés, sans grande nouveauté. Je n’ai pas vraiment su m’attacher aux protagonistes et j’ai franchement détesté certains personnages secondaires comme Patrick – mais c’est normal – ou Treena. Les autres étaient tellement pâles qu’ils font figuration et qu’on les oublie rapidement.

J’ai moyennement avalé le fait qu’on aille payer une fortune une nana qui n’a aucune qualification, aussi. Je trouvais ça étrange et pas très crédible. De plus, je n’ai pas du tout été intéressée par les chapitres avec les points de vue de divers autres personnages, ça n’a pas apporté grand-chose sinon une coupure pour faciliter les ellipses dans le temps.

Certes, si je remets en question ma déception initiale, je peux concéder que l’histoire n’est pas mauvaise, elle peut être agréable même sans grande originalité – d’où ma naïveté en imaginant quelque chose de plus poussé qu’une demoiselle pétillante – était-ce vraiment nécessaire d’aller jusqu’à insister à ce point sur son sens de la mode particulier? – qui veut redonner le goût de vivre à un homme qui n’attend qu’une chose: mourir.

Bref, dans mon cas, le charme n’a pas opéré, je rangerai Avant toi dans cette catégorie de livres qui sont allègrement applaudis mais qui m’ont laissée de marbre. Je ne suis pourtant pas un public difficile, en général, mais là le gouffre entre l’attente et la réalité a plombé mon enthousiasme. Du coup, je crois que je peux dire sans trop craindre de me tromper, que je préférerai le film au livre (en même temps, avec Sam Claflin à l’affiche…)

MA NOTE: J’ai mis 11/20, une note qui reflète ma déception devant cette histoire sans originalité aux dialogues vraiment moyens.

 

LA FEMME AU CARNET ROUGE

Couverture La femme au carnet rouge

RESUMEUn soir à Paris, une jeune femme se fait voler son sac à main. Laurent le découvre le lendemain, abandonné dans la rue, tout près de sa librairie. S’il ne contient plus de papiers d’identité, il recèle encore une foule d’objets qui livrent autant d’indices sur leur propriétaire : photos, notes, flacon de parfum. Désireux de la retrouver, l’homme s’improvise détective. À mesure qu’il déchiffre le carnet rouge contenant les pensées secrètes de Laure, le jeu de piste se mue en une quête amoureuse qui va bouleverser leurs vies. Orchestrant avec humour coïncidences et retournements de situation, Antoine Laurain signe une délicieuse comédie romantique qui rend hommage au besoin de merveilleux sommeillant en chacun de nous.

AVIS: Ah, ce livre! Le résumé donnait envie de découvrir Laure et Laurent et le livre a été à la hauteur de mes attentes. A la façon des comédies romantiques, cette histoire fait du bien. Pleine de douceur, elle nous embarque dans cette enquête qui rapproche des personnes qui, autrement, ne se seraient probablement jamais rencontrées.

Et d’ailleurs, en fermant ce livre, c’est exactement la même sensation qu’après avoir terminé une comédie romantique particulièrement bien fichue. L’auteur a même réussi à me faire monter les larmes aux yeux. C’est peut-être parce que ces fins de chapitre fonctionnent parfaitement sur moi, à la manière des séquences musicales dans certains films.

C’est aussi parce que l’histoire est moderne. Les personnages évoquent des gens que l’on connait, les réactions de Laurent nous font sourire et puis, l’auteur a bien raison d’aborder ce ‘deuil’ qui touche les personnes à qui l’on a volé un sac. Parce que, mine de rien, ça n’est pas qu’un sac à main, c’est tout un monde qui s’évapore avec lui. Les photos que l’on garde précieusement près de soi, à tout moment de la journée, les objets qui, à défaut d’avoir vraiment de la valeur, en ont une sentimentale pour le propriétaire des effets, les petites choses qui se baladaient dans une poche et que l’on oublie, tant un sac peu contenir des trésors, tous des détails qu’Antoine Laurain a parfaitement retranscrits.

Difficile, aussi, de ne pas s’attacher aux personnages secondaires, comme Chloé ou William. Si l’écriture n’a rien de complexe comme chez certains auteurs aux phrases alambiquées, elle est par contre fluide, très imagée et on a vraiment la sensation de voir un film en tournant les pages.

MA NOTE:  17/20, parce que j’ai vraiment adoré passer un moment avec Laurent, c’est un livre qui m’a fait un bien fou, qui se lit très vite et s’imprime pourtant dans la mémoire. Parce que ça n’a pas toujours besoin d’être compliqué et tordu pour marquer et parce que je pense que je le conseillerai à toutes mes copines qui ont besoin d’un peu de douceur.

TITRE: La femme au carnet rouge – AUTEUR: Antoine Laurain

EDITION: J’ai lu (2015) – 224 pages