#TAG1 :: mes habitudes littéraires

En voguant un peu sur le net, j’ai découvert le côté sympa des TAG. Celui-ci, je l’ai trouvé sur ce blog et je me permets de reprendre les questions pour y répondre à mon tour 🙂

Est-ce que tu as un endroit préféré chez toi pour lire ?


J’aimerais pouvoir dire mon lit mais en fait il s’agit plutôt d’un petit fauteuil une place près de ma fenêtre. Comme j’habite un immeuble assez haut, j’ai une jolie vue sur le bois tout près et la grande fenêtre offre une belle luminosité. Un vrai bonheur!

Marque-page ou n’importe quel morceau de papier ?


Tout est bon mais comme j’ai déjà reçu pas mal de marque-pages, je les privilégie mais généralement, j’attrape ce qui est le plus proche.

Est-ce que tu peux t’arrêter de lire n’importe où dans le livre ou dois-tu attendre la fin d’un chapitre ?


Habituée aux transports en commun, je suis un peu obligée de m’accommoder du moment où j’arrive à destination mais dans la mesure du possible, j’aime m’arrêter à un endroit où il me sera facile de me repérer.

Est-ce tu manges ou bois quand tu lis ?


 Il m’arrive de grignoter quand je suis bien installée dans mon fauteuil ou de poursuivre ma lecture en mangeant (quand on vit seule, ça n’est pas un souci) mais je me contente le plus souvent d’un thé délicieux. La lecture pendant les repas, c’est quand je suis impatiente de connaitre la suite du roman.

Multi-tâches: musique ou télévision en lisant ?


A nouveau, transports en commun oblige, la musique ne me dérange pas, elle me permet de m’isoler du monde malgré les bruits ambiants. Quant à la télévision, si elle fonctionne à côté de moi, je peux y faire abstraction mais la regarder tout en essayant de lire, là, c’est une autre affaire – qui ne me réussit pas vraiment.

Un livre à la fois ou plusieurs ?


J’essaie en général de ne pas trop m’étaler sinon je finis par en abandonner un mais en ce moment, je lis deux livres à la fois (l’un en grand format que je garde pour chez moi, comme ça je ne dois pas le trimbaler partout et l’autre en format poche pour les transports en commun).

Lire à la maison ou ailleurs ?


Je lis à peu près n’importe où. Chez moi, évidemment, mais surtout dans les transports en commun ou à n’importe quel moment d’attente qui me permet d’avancer quelques pages.

Lis-tu à voix haute ou en silence dans ta tête ?


Dans ma tête, je ne pourrais pas m’immerger autant si je devais lire à voix haute, je crois.

Est-ce qu’il t’arrive de sauter des pages ou même de jeter un coup d’œil plus loin dans le livre ?


Non! Enfin, uniquement pour voir combien de pages il reste avant le chapitre suivant quand je dois envisager de faire une pause. S’il reste une poignée de pages, je continue et sinon, je repère un endroit où m’arrêter pour reprendre plus tard.

Casser la tranche ou la garder intacte ?


J’essaie de faire attention mais honnêtement, ce n’est pas ma préoccupation principale (sauf s’il s’agit d’un livre appartenant à quelqu’un d’autre, j’y apporte un soin particulier) et comme j’ai tendance à prêter mes livres à mon entourage, je me doute qu’ils subiront un peu les aléas de la vie.

Est-ce que tu écris dans tes livres ?


Je n’ai honnêtement jamais ressenti le besoin de faire une telle chose.

N’hésitez pas à répondre à ce questionnaire bien sympathique (et à m’avertir si vous le postez, je serais ravie de découvrir vos réponses).

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Annabel

 » En 1968, dans un village côtier du Labrador, un enfant mystérieux voit le jour. Ni tout à fait homme ni tout à fait femme, les deux à la fois. Il n’y a que trois personnes qui sachent le secret. Les parents de l’enfant, Jacinta et Treadway, et une voisine, Thomasina, capable de tenir sa langue.

Les parents décident pour l’enfant quel sera son sexe aux yeux de la société. Mais, à mesure qu’il grandira, son autre « nature » refusera de se taire et l’accompagnera tout au long de sa découverte du monde, aussi fidèle que son ombre. « 

(Editions 10/18 – 2014)

Annabel est l’un de ces romans que j’associe à une tranche de vie. Ici, rien de très rocambolesque, de retournements de situation venant à point, de véritable tension. C’est plutôt l’immersion dans la vie qui est privilégiée, avec toute ce qu’elle apporte de beau et de cruel à la fois. D’humain, en somme. Et c’est ce que j’ai aimé dans cette histoire.

L’hermaphrodisme étant un phénomène assez rare, lorsqu’il survient, il a de quoi perturber la personne qui en est affectée ainsi que son entourage. Mais si, en plus, l’enfant naît en 1968, au Labrador, dans une contrée sauvage et plutôt reculée, elle bouleverse encore plus les habitants qui sont dans le secret.

Le récit commence dès la naissance et la découverte de la particularité de Wayne/Annabel. Seuls les parents et leur amie la plus proche sont dans le secret et ils comptent bien le préserver du mieux qu’ils le peuvent, pour le bien de l’enfant. Devant le choix qui s’impose, la décision est prise: l’enfant s’appellera Wayne et sera élevé comme un garçon. Une voie qui semble satisfaire le père, quand son épouse et son amie font le deuil d’Annabel, cette part cachée qui grandira en Wayne sans qu’il n’en ait vraiment conscience.

L’histoire est abordée avec pudeur. A aucun moment, la sensation d’intrusion ne naît vraiment, ce qui pourrait facilement être le cas. Le lecteur est spectateur de l’évolution de Wayne, de sa sensibilité et de la façon dont son entourage gère la situation. On suit dès lors le parcours de la petite enfance à l’adolescence, puis à l’âge adulte avec tous les tourments que les traitements imposent à Wayne et ses parents et à la manière très différente qu’ils ont d’aborder les choses. Qu’y a-t-il de mieux à faire pour l’enfant? Les avis divergent, les réactions aussi et on ne peut que comprendre leurs points de vue à chacun.

C’est précisément cette relation aux autres qui m’a intéressée. Aussi bien celle que Wayne entretient avec ce père un peu rustre, un peu sauvage et distant, que celle qui le lie à Thomasina, l’amie de la famille, qui éprouve une tendresse pour Wayne, comme celle qui l’unit à son amie d’enfance. Les liens évoluent, se métamorphosent, pour le meilleur et pour le pire.

En lui-même, le récit n’a rien de vraiment extraordinaire, mais c’est la beauté de la nature (humaine comme celle du Labrador) qui fait toute la force de l’histoire. L’humain au cœur du roman, l’humain au cœur de la vie.

Autres chroniques de San Francisco

 
 » Entre un ouvrier au grand coeur, une star de cinéma et son médecin favori – Jon Fielding, pour ne pas changer – Michael court toujours après l’homme de sa vie, Mary Ann, entrée à la télévision, court après le scoop de la sienne. DeDe revient de loin et Mme Madrigal cultive les petites herbes dans son jardinet… Ajoutez à cela quelques kidnappings, une course-poursuite entre l’Alaska et Barbary Lane, et vous aurez une idée de ce pétillant roman d’où on ressort tout étourdi, un sourire bêta scotché sur les lèvres… « 

(Editions 10/18 – 2012)

★★★★☆

 

C’est drôle comme des éléments qui peuvent être profondément décevants chez certains peuvent se révéler des qualités chez d’autres et la saga d’Armistead Maupin en est pour moi l’exemple le plus flagrant.

Je suis la première à me plaindre lorsqu’un auteur s’amuse à croiser les routes de personnages sans que cela paraisse le moins du monde vraisemblable (mon dernier coup de gueule en ce sens n’est pas si lointain puisqu’il s’agissait d’un roman de Mary Higgins Clark – il m’avait fait sacrément grincer des dents à ce niveau-là). Maupin use pourtant de cette ficelle tout au long des ‘saisons’ de sa saga et cela ne me gêne pas le moins du monde, même si, vu la population qui peuple San Francisco, il me parait peu probable que tant de coïncidences surviennent. Mais, honnêtement, tout ce que je me dis, c’est: et alors? Là où c’est un défaut chez d’autres, c’est ce qui fait tout le charme du monde farfelu des chroniques de San Francisco.

Ce qui me permet de digérer aisément ce trait, je pense, c’est justement cet univers unique que nous offre l’auteur. Personnages multiples, rencontres hasardeuses, humour décapant, tout y est pour donner tant de couleurs à ces vies que nous prenons plaisir à suivre. Les situations sont rocambolesques, les retournements peu attendus mais, à nouveau, ces éléments qui pourraient érafler la fluidité de l’histoire ne plombent pas l’ambiance générale.

Alors, certes, ma lecture du tome précédent remontant assez, il m’a fallu quelques pages pour me remettre dans le bain, Maupin ayant tendance à nous assaillir de personnages, mais une fois glissée dans le roman, je n’ai plus pu le lâcher. La force réside dans cette façon si singulière qu’a l’auteur d’aller droit à l’essentiel (autre point qui peut me faire grimacer chez d’autres, quand je trouve qu’on n’arrive pas à s’imprégner suffisamment des scènes offertes) sans que je ressente la moindre frustration par rapport à la vitesse à laquelle les petits chapitres se suivent. Emportée par les folles aventures des protagonistes, je me suis évidemment retrouvée à finir le livre sans même m’en rendre compte.

C’est donc une drôle de sensation que je ressens à chaque fois que je lis un tome de cette saga: je note bien tous ces détails qui ont tendance à m’agacer ailleurs et qui, dans ce cas-ci, génèrent un engouement sincère et je garde précieusement cette idée que, si je suis un peu triste de finir le livre, je me console en me disant qu’il y en a un autre qui m’attend et que je retrouverai bientôt la joyeuse petite troupe de Barbary Lane!

NEW BOOKS :: june 2016

Le moins de juin a beau ne pas avoir été très joyeux -euphémisme, merci le soleil inexistant et la pluie incessante- , ça ne m’a en rien empêché d’acheter de nouveaux livres, évidemment. J’avais pourtant essayé de me sermonner – la bonne blague – pour limiter les achats, ça n’a pas été une grande réussite. Est-ce que je m’en veux pour autant? Non, non et non. *happy face* On a jamais trop de livres, règle #1!

Parmi les premiers achats (en seconde main), j’ai pu tomber sur ces romans-ci:

 

Niveau box livresques, de jolies découvertes en perspectives (reçue via La Kube, Le box des Lecteurs, Livre-mois et Exploratology). Si vous n’avez pas encore tenté l’aventure, je vous le conseille vraiment, il y en a pour tous les goûts, tous les styles et tous les prix (sur mesure, thématique, etc.)

   

Il y avait également longtemps que je n’avais plus acheté quoi que ce soit en anglais, il me semble, du coup j’ai craqué pour les trois romans suivants (dont j’ai déjà dévoré the Girl inthe Blue Coat):

  

Enfin, ayant pu rendre une petite visite à la jolie librairie (Mot Passant) qui a ouvert dans mon quartier (et où je vais sûrement me ruiner à l’avenir – avec un certain plaisir, évidemment), j’ai pu acheter deux romans qui me faisaient très envie depuis un bon moment. Les voici:

 

Et vous, avez-vous acheté récemment des livres? 

En avez-vous lus parmi ceux cités ci-dessus?

ORGUEIL ET PREJUGES

Pride and Prejudice  (VO) – Editions Le Livre de Poche (Les Classiques de Poche – 2011) – 512 pages

RESUMEOrgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d’un mariage: l’héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n’est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l’épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu’il n’y a en fait qu’un héros qui est l’héroïne, et que c’est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

AVIS: Lorsqu’un livre est adapté au cinéma, je préfère largement commencer par le lire avant de voir ce que cela donne sur grand écran. Dans ce cas-ci, cependant, ça n’a pas pu être le cas, le film du même nom de 2005 avec Keira Knightley en tête d’affiche ayant été depuis longtemps vu et revu. Mais j’avais envie d’élargir mes connaissances des classiques et lorsque j’ai reçu Orgueil et Préjugés pour mon anniversaire, cela m’a permis d’ajouter celui-ci à mes livres lus.

Connaitre par coeur l’histoire qui secoue le quotidien de la famille Bennett ne m’a pas posé le moindre problème. La plume de Jane Austen m’a permis de me plonger dans le roman sans regretter de déjà en connaitre la suite. J’ai d’ailleurs passé une bonne partie de ma lecture à essayer de remettre les pièces du puzzle dans l’ordre, ma dernière vision du film remontant à quelques années déjà. J’ai pu ainsi découvrir tout un univers qui doit sa vivacité et son charme au fait que l’auteure a vécu à peu près à la même époque que l’histoire. Les dialogues piquants étaient très rafraichissants et je ne pouvais m’empêcher de sourire aux facéties d’Elizabeth en connaissant l’erreur dans laquelle elle évolue. J’ai apprécié les personnages charmants et pleins de défauts qu’elle dépeint – entre Mrs Bennett qui ne pense qu’à marier ses filles, Lydia et Kitty qui se montrent particulièrement écervelées, l’embarrassant Mr Collins qui se révèle un cas désespéré en société et et le très réservé Mr Darcy qui cache bien des qualités – ainsi que le tumulte du récit et les conséquences des actes de chacun.

Plus j’avançais dans le roman, plus j’avais hâte de revoir le film pour le voir avec un nouveau regard et je n’ai pas été déçue. Connaitre davantage les personnages et les relations qu’ils entretiennent m’a permis de déceler de nouveaux détails et j’ai maintenant la sensation que les protagonistes font partie de moi, ce qui est assez étrange. C’est en tout cas une histoire qui ne laisse pas indifférent, moderne malgré l’époque à laquelle cela se passe, avec ce qu’il faut du temps passé pour faire un merveilleux voyage dans le temps.

NOTE: 18/20 pour ce joli coup de cœur qui fait beaucoup de bien et qui donne très envie de se plonger dans d’autres œuvres de l’auteure.

 

 

PARCE QUE JE T’AIME

Editions Pocket (2008) – 313 pages

RESUMELayla, petite fille de cinq ans, disparaît dans un centre commercial de Los Angeles. Ses parents, brisés, finissent par se séparer. Cinq ans plus tard, elle est retrouvée à l’endroit exact où l’on avait perdu sa trace. Elle est vivante mais reste plongée dans un étrange mutisme. A la joie des retrouvailles, succèdent alors les interrogations : où était Layla pendant cette période ? Avec qui ? Et surtout : pourquoi est-elle revenue ? Une histoire d’amour envoûtante, un livre profondément humain qui vous plonge dans le mystère et le suspense, un dénouement que vous n’oublierez pas.

AVIS: Suite à un échange de livres avec l’une de mes collègues, j’ai reçu à prêter ce roman-ci. Je pense que sans ces circonstances là, je n’aurais pas lu d’autre Musso (je n’en ai lu qu’un, il me semble). Est-ce dû au phénomène à chacune des sorties de ses livres ou à la simple expérience de mon premier essai, je ne sais pas mais en tout cas, cet auteur ne m’a jamais vraiment donné envie de découvrir ses livres. Mais puisque j’avais celui-là sous la main, je l’ai lu.

Il n’y a pas à dire, l’écriture de Guillaume Musso est efficace, elle tranche dans le vif du sujet et ne s’embarrasse pas de fioritures. C’est ce qui rend la lecture si facile, l’immersion dans le texte étant immédiate. Mais voilà, si l’intérêt est vite happé, il est tout aussi aisément détourné et je pense que c’est typiquement le genre de récit qui tombe vite dans l’oubli. Un bon récit pour se détendre pendant un voyage ou en bord de piscine mais rien de transcendant qui permette de véritablement s’attacher à l’ensemble.

J’aime généralement les histoires aux destins entrelacés et celui-ci augurait une toile bien tissée mais justement, c’était trop simple à mon goût. Après avoir terminé le livre, j’ai bien réalisé que ça n’était pas aussi évident que cela le paraissait mais ça m’a laissé un sentiment mitigé. Les gens qui se croisent à des endroits improbables et ont des connexions incroyables, très peu pour moi. Peut-être est-ce dû au fait que tout était trop survolé, trop superficiel. Entre les flash-backs qui coupent le récit (les mecs qui partent de rien et arrivent au sommet, ça me gave vite, un peu comme pour les personnages de Jeffrey Archer, je trouve que ça manque cruellement de vérité) et les personnages assez creux (je crois qu’ils ont tous le même degré de charisme, à ce stade, et ça me donne la sensation qu’on reprend les mêmes et qu’on agite le verre avant de les fourrer dans une autre histoire similaire).

Alors oui, ça fonctionne bien, c’est simple à lire, les pages se tournent toutes seules mais cela ne me laissera aucune marque et je range déjà ce roman dans la case ‘oubliettes’. J’aurais voulu plus d’intensité, plus de logique, plus de complexité et je n’ai rien trouvé de tout cela.

NOTE: 14/20, c’est un roman qui se laisse lire facilement mais qui ne laissera à mon sens pas beaucoup de traces.

L’ENCHANTEUR

EDITIONS FOLIO (1987) – 470 PAGES

RÉSUMÉQui ne connaît Merlin ? Il se joue du temps qui passe, reste jeune et beau, vif et moqueur, tendre, pour tout dire Enchanteur. Et Viviane, la seule femme qui ne l’ait pas jugé inaccessible, et l’aime ? Galaad, dit Lancelot du Lac? Guenièvre, son amour mais sa reine, la femme du roi Arthur ? Elween, sa mère, qui le conduit au Graal voilé ? Perceval et Bénie ? Les chevaliers de la Table Ronde ? Personne comme Barjavel, qui fait le récit de leurs amours, des exploits chevaleresques et des quêtes impossibles, à la frontière du rêve, de la légende et de l’Histoire. Dans une Bretagne mythique, il y a plus de mille ans, vivait un Enchanteur. Quand il quitta le royaume des hommes, il laissa un regret qui n’a jamais guéri. Le voici revenu.

AVIS: Après avoir découvert Barjavel à travers La Nuit des temps, j’avais envie de me lancer dans un autre roman. Grand bien m’en a pris puisque cela a été un véritable bonheur de retrouver l’univers si singulier de l’auteur qui revisite la fameuse légende du roi Arthur en se penchant plus particulièrement sur le rôle joué par Merlin dans sa vie.

Autant le dire tout de suite, c’est assez particulier, comme approche. N’étant pas encore bien rôdée au genre, j’ai parfois eu quelques difficultés à imaginer le monde décrit par Barjavel, surtout à l’évocation de scènes riches en détails ou qui se voyaient complétées de termes et objets bien contemporains alors qu’on se situe plutôt dans une histoire où les épées et les chevaux prédominent. Aussi, quand des boites de conserves, des canons et autres évocations de notre temps s’immiscent dans le récit, c’est un peu singulier et c’est peut-être le seul aspect qui ne m’ait pas vraiment convaincue dans cette épopée fantastique.

Parce que pour le reste, j’ai vraiment été immergée. La magie opère dès les premiers mots et je me suis prise d’affection pour les personnages, célèbres et moins connus, qui se succèdent dans les aventures. Merlin fait office de messager, de guide, il apparaît et disparaît, convainc ou met en garde. Il prend toutes les formes, sait énormément de choses mais pas forcément tout. Il veille à la destinée de ses protégés, cherchant celui qui ira au bout de la Quête, celui qui parviendra à trouver le Graal. Je pense que le rythme du récit y est pour beaucoup: il n’y a pas vraiment de temps mort, les aventures et batailles prennent vie, s’enchainent et le tout se poursuit à une vitesse affolante. On est entraîné et peu importe si chaque nouveau venu est plus beau que le précédent, le côté féerique et invraisemblable de l’histoire permet de ne pas se focaliser là-dessus mais plutôt sur les chocs entre les armées, entre les amants, entre Merlin et le Diable.

Ce qui a contribué à ce que j’apprécie autant le livre, aussi, je pense que c’est le fait de n’avoir plus lu un roman lié aux légendes arthuriennes depuis longtemps et cela me donne très envie de reprendre la saga de Marion Zimmer Bradley, qui abordait le récit du point de vue des femmes qui peuplent l’univers d’Arthur. Je préfère tout de même la version de MZB, plus dense, plus détaillée, moins rocambolesque que celle de Barjavel mais ça ne m’a pas empêchée de beaucoup aimer L’Enchanteur, qui me conforte dans l’idée que la plume de l’auteur ma happe si aisément.

MA NOTE: 16/20, la lecture était prenante et l’univers très particulier. Un excellent moyen de se déconnecter complètement de la réalité.