NEW BOOKS :: june 2016

Le moins de juin a beau ne pas avoir été très joyeux -euphémisme, merci le soleil inexistant et la pluie incessante- , ça ne m’a en rien empêché d’acheter de nouveaux livres, évidemment. J’avais pourtant essayé de me sermonner – la bonne blague – pour limiter les achats, ça n’a pas été une grande réussite. Est-ce que je m’en veux pour autant? Non, non et non. *happy face* On a jamais trop de livres, règle #1!

Parmi les premiers achats (en seconde main), j’ai pu tomber sur ces romans-ci:

 

Niveau box livresques, de jolies découvertes en perspectives (reçue via La Kube, Le box des Lecteurs, Livre-mois et Exploratology). Si vous n’avez pas encore tenté l’aventure, je vous le conseille vraiment, il y en a pour tous les goûts, tous les styles et tous les prix (sur mesure, thématique, etc.)

   

Il y avait également longtemps que je n’avais plus acheté quoi que ce soit en anglais, il me semble, du coup j’ai craqué pour les trois romans suivants (dont j’ai déjà dévoré the Girl inthe Blue Coat):

  

Enfin, ayant pu rendre une petite visite à la jolie librairie (Mot Passant) qui a ouvert dans mon quartier (et où je vais sûrement me ruiner à l’avenir – avec un certain plaisir, évidemment), j’ai pu acheter deux romans qui me faisaient très envie depuis un bon moment. Les voici:

 

Et vous, avez-vous acheté récemment des livres? 

En avez-vous lus parmi ceux cités ci-dessus?

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Update lecture ღ June 2016

Le mois de juin a de nouveau été un mois plein de surprises! Voici donc en bref les livres que j’ai pu découvrir récemment:

Le liseur du 6h27 (Jean-Paul Didierlaurent) – Editions Folio (2015) ★★★☆☆

Roman reçu à l’occasion de la commande de ma première KUBE, j’ai pu découvrir une histoire toute douce qui se lit vite. Un choix dans le thème demandé puisque pour ce premier essai, j’avais évoqué l’envie de lire quelque chose de tout doux, juste pour me faire du bien. Mission accomplie avec cette histoire de pages envolées qui font le bonheur des passager du train de 6h27 où un jeune homme solitaire lit à haute-voix les quelques feuillets qu’il a sous la main. C’est dans ce même train qu’il découvre un tout autre genre de récit qui va le mener dans une quête surprenante, à la recherche d’une jeune femme à la plume acidulée qui ne manque pas d’intriguer notre protagoniste.

Les gens heureux lisent et boivent du café (Agnès Martin-Lugand) – Editions Pocket (2014) ★★★★☆

 Voilà un autre roman qui se lit également très vite, bien qu’il soit dans un tout autre style. L’histoire commence en effet plutôt mal puisque Diane perd les êtres qu’elle aime le plus au monde dans un tragique accident. D’abord déprimée et tournant en rond dans sa vie, laissant son quotidien passer sans chercher à se remettre dans le circuit de l’existence, la jeune femme décide sur un coup de tête d’aller vivre en Irlande. L’histoire en elle-même n’a rien de très original mais on entre très vite dans cette histoire et l’écriture fluide de l’auteure permet une immersion totale dès les premières pages. Les personnages sont quelque peu caricaturaux et j’avoue avoir eu du mal avec les réactions de Diane lorsqu’elle rencontre le ténébreux et taciturne Edward mais dans l’ensemble, l’histoire m’a beaucoup plu. Assez, en tout cas, pour que la suite vienne s’ajouter à ma wish-list.

Neverhome (Laird Hunt) – Editions Actes Sud (2015) ★★★☆☆

 J’ai cette fois basculé dans un univers bien différent de mes lectures précédentes. Plongeon à pic dans une histoire sombre où une jeune femme rejoint les rangs de l’armée, prenant la place de son époux et se travestissant pour se fondre parmi ses compatriotes. Embarquée dans des combats sanglants, dans un décor fait de sang et de boue, l’héroïne pose sur son quotidien un regard particulier, à la fois lucide et naïf, selon les moments, selon les circonstances. Elle évolue dans un monde essentiellement masculin et brutal et la plume de l’auteur donne vraiment la sensation d’être englué dans cette atmosphère étouffante, souvent dégoûtante. J’ai bien aimé voyager avec cette jeune femme pleine de courage (et de folie), même si le texte n’avait rien de véritablement agréable, vu les circonstances du récit.

Amours et autres enchantements (Sarah Addison Allen) – Editions Pocket (2013) ★★★★☆

Retour à quelque chose de plus doux avec cette histoire de famille singulière où les héroïnes sont dotées de pouvoirs discrets mais bel et bien magiques qui changent le quotidien de toute une petite ville. Avec les soeurs Waverley, pas question de s’ennuyer. Et c’est vraiment ce côté paisible et sucré qui m’a plu dans ce roman. Les personnes sont certes très clichés mais je les trouvais tellement adorables que cela m’a permis d’apprécier l’ensemble là où le style aurait plutôt tendance à me faire grimacer en temps normal. C’est un peu dommage que le récit ne soit pas plus élaboré parce qu’il y aurait eu de quoi rendre le tout vraiment inoubliable. On peut donc trouver plein de défauts à cette histoire trop gentille, trop prévisible, mais sans que je puisse me l’expliquer, j’ai pu aisément m’accommoder de toutes ces faiblesses pour déguster ce petit roman qui ne fait de mal à personne et qui, dès lors, sera probablement aussi vite oublié.

La bascule du souffle (Herta Müller) – Editions Gallimard (2010) ★★★★☆

 Ce mois de juin m’aura vraiment permis de voguer entre la douceur et la noirceur. Avec ce roman-ci, j’ai pu découvrir un aspect de l’histoire qui est peu évoqué puisqu’il s’agit de l’envoi dans des camps de la population germanophone de Roumanie. On suit le quotidien difficile du jeune Leopold, arrêté et envoyé dans un camp de travail pour cinq ans. Un récit dur, violent, terriblement solitaire, car malgré leur nombre, les prisonniers restent seuls face à leur destin, s’entraidant parfois, se tournant le dos à d’autres. Ils ne se lient jamais vraiment et chacun fait du mieux qu’il peut pour s’en sortir et tant pis si ça nuit à quelqu’un d’autre. C’est vraiment cet aspect-là que je retiendrai de cette histoire.

Cranford (Elizabeth Gaskell) – Editions Points (2012) ★★★☆☆

Avec ce livre-ci (reçu via la box Livre-mois j’ai pu replonger dans l’univers familier des romans à la Jane Austen! L’histoire de ces femmes résidant dans la petite ville de Cranford n’était en effet pas sans rappeler les soeurs Bennett du célèbre Orgueil et Préjugés. Des personnages attachants, un humour décalé et résolument british donnaient à cette histoire tout le charme nécessaire. Je dois toutefois avouer avoir préféré l’écriture de Jane Austen mais ce fut tout de même un plaisir de découvrir l’oeuvre d’Elizabeth Gaskell dont je n’avais personnellement jamais entendu parler avant de recevoir le livre.

L’ombre de ton sourire (Mary Higgins Clark) – Editions Le Livre de Poche (2012) ★★★☆☆

L’avantage de ce roman, c’est aura été vite lu. L’écriture très fluide de Mary Higgins Clark permet en effet de plonger directement au coeur de l’action et de ne pas s’ennuyer une seconde mais ce doit être là l’un des seuls points positifs de cette enquête rocambolesque. Pour le reste, j’ai trouvé les personnages malheureusement trop clichés, de ceux qu’on trouve dans tous les romans de ce style d’auteur (ces auteurs prolifiques qui écrivent abondamment mais qui, au final, ne font rien de bien extraordinaire). J’en ai un peu marre des beaux médecins parfaits et compagnie. Mais ce qui m’a vraiment dérangé, c’est la connexion facile entre tous les personnages. Je ne suis vraiment pas friande de ces facilités mais c’est ce qui permet à ce livre de se lire aussi facilement. Une histoire qui n’est pas du tout le style que j’affectionne mais qui m’aura au moins permis de découvrir un roman de la fameuse madame Higgins Clark (et qui ne me donne pas spécialement de renouveler l’expérience).

Réparer les vivants (Maylis de Kerangal) – Editions Verticales (2014) ★★★★☆

Ce roman-là est une claque, quand même. Une histoire brève (elle se déroule sur vingt-quatre heures) et brutale (la mort cérébrale d’un adolescent enclenche une journée qui changera la vie de bien des personnages) dont toute la force réside dans la plume de l’auteure. Je n’ai pas vraiment eu l’occasion de m’attacher aux personnages mais je ne pense pas que c’était le but de ce livre. Pourtant la tension est bien là et on assiste en spectateurs à ce bouleversement, ces décisions qui doivent être prises rapidement, l’opération délicate du don d’organes. Un roman fort, donc, qui ne s’embarrasse pas de sentiments – même s’il n’en est pas dépourvu non plus. Un roman qui marque. Un roman à lire au moins une fois.

J’ai également lu Le chagrin des vivants (Anna Hope) et Le Village (Dan Smith) mais j’espère pouvoir faire une chronique plus longue sur ces deux coups de coeur. 💕

Et vous?

Quels sont vos derniers coups de cœur?

Rien où poser sa tête

Editions Gallimard- L’arbalète (2015) – 304 pages

★★★★★

RésuméEn 1921, Françoise Frenkel, jeune juive polonaise passionnée par la langue et la culture françaises, fonde la première librairie française de Berlin « La Maison du Livre ». Rien où poser sa tête raconte son itinéraire : contrainte, en raison de ses origines juives, de fuir l’Allemagne en 1939 après la prise de pouvoir d’Hitler, elle gagne la France où elle espère trouver refuge. C’est en réalité une vie de fugitive qui l’attend, jusqu’à ce qu’elle réussisse à passer clandestinement la frontière suisse en 1943. Le récit qu’elle en tire aussitôt et qu’elle choisit d’écrire en français dresse un portrait saisissant de la France du début années quarante. De Paris à Nice, Françoise Frenkel est témoin de la violence des rafles et vit sans cesse menacée. Tantôt dénoncée, tantôt secourue, incarcérée puis libérée, elle découvre une population divisée par la guerre dont elle narre le quotidien avec objectivité. Rien où poser sa tête, soixante-dix ans après sa publication en 1945 à Genève, conserve, miraculeusement intactes, la voix, le regard, l’émotion d’une femme, presque une inconnue, qui réussit à échapper à un destin tragique.

Avis: Reçu en début d’année d’une amie (qui connait décidément bien mes goûts), ce livre faisait partie de ceux que j’avais hâte de découvrir. C’est un roman/témoignage écrit par une juive polonaise dont on ne sait pratiquement rien sinon qu’elle a réussi à se réfugier en Suisse en 1943 où elle s’attelle à la rédaction du roman en 1945.

C’est peut-être ce qui fait en partie la force de cette histoire vraie mais pas seulement. La fraîcheur des souvenirs évoqués rend le texte d’autant plus intense. On suit le parcours de Françoise de Berlin (où elle a ouvert une petite librairie et s’y consacre avec amour jusqu’à ce qu’elle soit forcée de quitter la capitale) à Paris en passant par Nice et tous les lieux où elle a trouvé refuge durant ces années angoissantes. Car la pression est bien là, même si l’on sait qu’elle a fini par échapper (le résumé ne le cache pas). On découvre ses pérégrinations avec l’impuissance du spectateur et la connaissance de la déroute de l’Europe à l’époque. Comment se douter à quel point la vie était précieuse, la liberté risquée? Perdue au cœur d’une France déchirée, Françoise vit cachée, aidée par certains, menacée par d’autres, réchappant toujours de justesse au danger. On ne peut que se prendre d’affection pour ceux qui l’ont secourue au péril de leur propre vie, on ne peut qu’éprouver une sorte de mépris vis-à-vis des autres et pourtant, comment leur en vouloir? Le climat étant ce qu’il était, on sait parfaitement que l’humain ne pouvait être que ce qu’il était, courageux ou lâche. Mais on ne ressent aucun jugement de la part de la narratrice. Il y a une certaine innocence à son récit et à aucun moment la haine ne vient la secouer. Tout ce qui compte, c’est la vie.

J’ai particulièrement aimé la singularité du voyage de l’auteure et son rapport aux autres mais c’est aussi le mystère qui l’auréole qui m’a vraiment intriguée. Si on devine l’âge qu’elle a grâce aux détails distillés tout au long de l’histoire, elle reste assez indescriptible. On sait peu de choses sur sa famille, sur elle et je trouve qu’il était difficile de lui donner un corps, un visage, comme si elle restait une silhouette transparente. Une aura qu’elle gardera du début à la fin et même après la publication de son livre.

Enfin, ce qui m’a frappé, c’est vraiment la différence de ressenti qu’il y a à lire un témoignage presque anonyme comme le sien comparé aux fictions qui se concentrent sur cette même période de l’Histoire. Bien sûr, des récits véridiques, vécus, il y en a beaucoup d’autres mais j’ai trouvé que celui-ci avait une âme, celle de Françoise Frenkel, et qu’elle m’a profondément touchée.

 

 

Update lecture ღ May 2016

Je me rends compte, qu’en fait, chroniquer des lectures, ça prend beaucoup de temps. Au début, ça va toujours bien, on sent l’inspiration, la motivation mais au bout de quelques livres, je vois déjà que l’assiduité n’est plus ce qu’elle était. Le retard s’accumule et au final, il n’y a rien qui avance. Alors plutôt que de me forcer et culpabiliser, je me suis dit que j’allais opérer autrement: avec des updates lectures, moins contraignantes, quitte à m’atteler à une chronique plus complète si le livre m’inspire tout un commentaire.

Pour ce mois de mai, donc, voici ce qui est passé entre mes mains:

may2016

Tout ce que je suis (Anna Funder) – Editions 10/18 (2015) ★★★★☆

Roman à deux voix (celle de Ernst Toller en 1939 et celle de Ruth Wesemann en 2001) qui évoque le destin singulier d’hommes et femmes qui, en voyant la montée du nazisme en Allemagne, ce sont efforcés de protester avant d’être poussés à quitter le pays. Une part de l’histoire que l’on retrouve peu dans les romans – du moins, je n’en connais aucun autre – et qui est très intéressante. Si le départ est un peu perturbant (Ernst et Ruth raconte tous deux des événements qui se produisent avant 1939) parce que les protagonistes abordent le sujet à des moments très différents de leur vie, le décalage est vite intégré et, dès lors, on plonge en pleine période trouble de l’entre-deux guerres. On s’attache rapidement à ces êtres pleins de convictions et de courage, mais aussi humains et faibles, parfois. C’est un texte important qui éclaire une part d’ombre de l’Allemagne. Et bien qu’on connaisse dès le départ le destin tragique de certains des personnages, on ne peut s’empêcher de tourner les pages pour comprendre, pour savoir ce qu’ils ont traversés pour en arriver là où ils sont.

Gilead (Marilynne Robinson) – Editions Babel (2015) ★★★★☆

Ce roman-ci, je ne l’aurais certainement pas choisi en premier lieu. La couverture ne m’aurait pas attirée (et il faut bien l’avouer, si c’est l’histoire qui prime, c’est bien l’image qui happe le regard au départ) et le résumé, bien qu’agréable, n’aurait pas suffi à me le faire acheter. C’est donc tout aussi bien que je l’aie reçu dans une box livresque Exploratology (si vous ne la connaissez pas, je vous invite à aller découvrir le site magnifique qui fait rêver à lui tout seul), accompagné de jolies cartes, de délicieux thés et de biscuits savoureux, le tout adorablement emballé. Parce que je suis contente d’avoir pu suivre le récit du Révérend John Ames qui écrit à son tout jeune fils une longue lettre pleine de raison et d’âme. Loin de s’enliser dans des évocations religieuses qui auraient eu tôt fait de m’assommer, c’est une véritable méditation sur l’être humain et ses paradoxes qu’il évoque en parlant de son père et de son grand-père, tous deux très différents l’un de l’autre. J’ai particulièrement aimé la réflexion que le Révérend porte sur ses propres travers, ses propres faiblesses. C’est une narration très originale qui emporte loin. C’est un roman profondément humain que j’aurai plaisir à partager avec mes proches.

Haute-Pierre (Patrick Cauvin) – Editions Le Livre de Poche (1985) ★★★★☆

Premier livre à faire partie de ma bonne résolution de ne plus systématiquement acheter des livres et de plutôt me tourner vers la bibliothèque mais pas premier essai de lecture de Patrick Cauvin puisque j’avais déjà découvert son roman Venge-moi! qui m’avait énormément plu. Celui-ci ne fait que me conforter dans l’idée que c’est un auteur que j’apprécie beaucoup. Son écriture est simple mais efficace et ce roman centré sur une maison hantée était une très agréable lecture. J’ai particulièrement aimé les personnages et les évocations d’autres maisons et manoirs au passé mystérieux et inquiétant. Un roman qui se lit très vite et dont on ne demande probablement pas beaucoup plus. J’ai hâte de découvrir d’autres histoires de ce conteur de talent.

La grande nageuse (Olivier Frébourg) – Editions Folio (2015) ★★☆☆☆

Autre découverte via une box livresque (cette fois envoyée par Livre-mois), l’histoire de ce couple singulier formé par le narrateur et Marion, une jeune femme aussi à l’aise dans l’eau qu’une belle sirène. Je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire parce que les thèmes et la façon dont ils étaient abordés ne m’évoquaient rien. La marine, la peinture, ça peut être passionnant mais dans ce cas-ci, ça ne m’a pas touchée. Pas plus que les personnages (difficile de s’attacher au narrateur et sa description de Marion ne permet pas vraiment non plus de développer quelque chose pour elle) ou leur histoire étrange et sans réel charme. Après, la plume était agréable, ce qui m’a permis de ne pas trouver la lecture déplaisante mais si le livre avait été plus épais, je ne suis pas certaine que j’aurais pu en dire autant. C’est précisément sa taille fine (176 pages) qui m’a poussée à me dire ‘allez, c’est pas grave, la prochaine sélection sera mieux‘. Après tout, c’est le jeu, on ne peut pas aimer tout ce que l’on reçoit et comme c’était le premier envoi de l’abonnement, j’attends de voir ce qui sera envoyé ensuite. (En vrai je l’ai déjà reçu mais pas encore lu, ce sera pour un prochain update lecture).

Nymphéas noirs (Michel Bussi) – Editions Pocket (2013) ★★★★☆

Enfin, pour ce premier update lecture, je termine avec un roman de Michel Bussi. A force de voir le nom de cet auteur un peu partout, j’étais curieuse de découvrir ses romans, d’autant que les résumés sont toujours très alléchants. Et que dire sinon que j’ai vraiment adoré ce livre. L’écriture peut paraitre simple, dépourvue de phrases alambiquées qui font parfois le charme de certains romans mais c’est justement cette aisance à rentrer dans le roman qui permet d’apprécier autant cette enquête sur fond de peinture et de nénuphars (comme quoi, là, la peinture ne m’a pas gênée du tout). J’ai trouvé Giverny très bien décrit et l’intrigue très prenante. J’avais lu que la chute était surprenante alors j’essayais de deviner la trame avant la fin et si quelques soupçons sont arrivés, c’est bel et bien juste avant de les voir confirmés. Un vrai page-turner que je regrette presque d’avoir loué au lieu d’acheter mais rien ne m’empêchera de le faire plus tard, après tout. En tout cas, je serai ravie de découvrir d’autres romans de cet auteur, surtout s’ils sont aussi surprenants!

DE PIERRE ET DE CENDRE

Set in stone (VO) – Editions Le Livre de Poche – 380 pages

RESUMELorsqu’un soir brumeux de 1898, le jeune artiste Samuel Godwin pousse les grilles de la propriété de Fourwinds, il est immédiatement envoûté. Engagé pour enseigner l’art aux jeunes filles de Mr. Farrow, il ignore encore que cette luxueuse demeure sera pour lui le décor de ses plus belles peintures. Intrigué par la personnalité ombrageuse du maître des lieux, séduit par ses filles, Marianne et Juliana, désarçonné par Charlotte Agnew, leur gouvernante et dame de compagnie, le peintre comprend vite que le raffinement du décor et des personnages dissimule les plus sombres mystères. Que le vent souffle pour balayer les cendres d’un passé pour le moins scandaleux et les secrets abrités par les pierres. Entre désirs de possession, obsessions et illusions, les deux demoiselles, leur père, l’ombre de leur mère décédée et leur gouvernante entament devant Samuel une subtile danse aussi fascinante que macabre…

AVIS: Après une première expérience plutôt mitigée avec Graveney Hall (j’avais été déçue par la fin du roman et par le côté pas assez abouti de l’histoire qui me laissait un peu sur ma faim), je me suis quand même laissée tenter par ce roman de Linday Newbery. Une décision que je ne regrette aucunement puisque j’ai adoré l’univers de ce récit sombre et hanté par les secrets.

Pour commencer, l’immersion a été immédiate puisque dès les premières pages, j’ai eu l’impression d’être plongée dans ce récit qui prend racine à l’été 1898. L’écriture fluide et efficace de l’auteur ne s’embarrasse pas de trop de détails et ceux qu’elle distille dans l’introduction permettent de visualiser très clairement le cadre dans lequel nous plongeons. Ce cadre qui n’est pas sans rappeler d’autres romans où les différences sociales sont largement ancrées dans les habitudes, où les demeures s’élèvent dans des coins reculés, où des familles aux secrets profondément enfouis se donnent des airs théâtraux pour cacher leurs aspects les moins reluisants. Il y a un petit côté Brontë à ce roman mais ça n’égale évidemment pas des œuvres d’époque comme celles de ‘Les Hauts de Hurle-Vent‘ et ‘Jane Eyre‘. J’ai néanmoins beaucoup aimé cette évocation à la lecture.

Dans l’ensemble, j’ai trouvé les personnages très intéressants, avec leurs caractères à la fois propres à cette période et plus modernes à d’autres moments (c’est là qu’on ressent la patte de l’auteur ‘de maintenant’ par rapport aux écrits de ceux qui vivaient réellement à ce moment-là. Les descriptions sont également très vivantes et nous permettent de nous imprégner de cet univers singulier où planent de sombres mystères. Il y a également une aura mystique par moments, comme si des éléments surnaturels se glissaient dans certaines scènes.

Enfin, l’aspect le plus intéressant de l’histoire réside dans l’alternance des points de vue de deux personnages (celui de Samuel, le nouveau précepteur, et celui de Charlotte, la gouvernante) qui arrivent à Fourwinds en ignorant tout de ce qu’il s’y est réellement tramé. Ils ne tardent cependant pas à sentir que quelque chose se joue à leur insu et sont bien décidés à élucider ce mystère. Les éléments distillés sont peu à peu rassemblés, étudiés et le passé de la propriété refait surface. La découverte se fait au fil des chapitres et permet de garder l’intérêt du lecteur tout au long de l’histoire. Il n’y a dès lors pas de réel temps mort et les événements se succèdent avec régularité, faisant grimper peu à peu la tension jusqu’à une scène qui bouleverse tout le récit.

Là où ma déception avait été guidée par le côté non abouti de la fin de Graveney Hall, j’ai trouvé que De pierre et de cendre s’achevait parfaitement et, comme avec tout bon livre, j’en suis presque venue à regretter de devoir quitter nos protagonistes.

MA NOTE: 17/20 pour un roman à l’ambiance particulière, aux secrets sombres, aux personnages attachants et à la plume très agréable. Je ne regrette donc pas d’avoir tenté un autre Linda Newbery.

 

ORGUEIL ET PREJUGES

Pride and Prejudice  (VO) – Editions Le Livre de Poche (Les Classiques de Poche – 2011) – 512 pages

RESUMEOrgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d’un mariage: l’héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n’est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l’épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu’il n’y a en fait qu’un héros qui est l’héroïne, et que c’est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

AVIS: Lorsqu’un livre est adapté au cinéma, je préfère largement commencer par le lire avant de voir ce que cela donne sur grand écran. Dans ce cas-ci, cependant, ça n’a pas pu être le cas, le film du même nom de 2005 avec Keira Knightley en tête d’affiche ayant été depuis longtemps vu et revu. Mais j’avais envie d’élargir mes connaissances des classiques et lorsque j’ai reçu Orgueil et Préjugés pour mon anniversaire, cela m’a permis d’ajouter celui-ci à mes livres lus.

Connaitre par coeur l’histoire qui secoue le quotidien de la famille Bennett ne m’a pas posé le moindre problème. La plume de Jane Austen m’a permis de me plonger dans le roman sans regretter de déjà en connaitre la suite. J’ai d’ailleurs passé une bonne partie de ma lecture à essayer de remettre les pièces du puzzle dans l’ordre, ma dernière vision du film remontant à quelques années déjà. J’ai pu ainsi découvrir tout un univers qui doit sa vivacité et son charme au fait que l’auteure a vécu à peu près à la même époque que l’histoire. Les dialogues piquants étaient très rafraichissants et je ne pouvais m’empêcher de sourire aux facéties d’Elizabeth en connaissant l’erreur dans laquelle elle évolue. J’ai apprécié les personnages charmants et pleins de défauts qu’elle dépeint – entre Mrs Bennett qui ne pense qu’à marier ses filles, Lydia et Kitty qui se montrent particulièrement écervelées, l’embarrassant Mr Collins qui se révèle un cas désespéré en société et et le très réservé Mr Darcy qui cache bien des qualités – ainsi que le tumulte du récit et les conséquences des actes de chacun.

Plus j’avançais dans le roman, plus j’avais hâte de revoir le film pour le voir avec un nouveau regard et je n’ai pas été déçue. Connaitre davantage les personnages et les relations qu’ils entretiennent m’a permis de déceler de nouveaux détails et j’ai maintenant la sensation que les protagonistes font partie de moi, ce qui est assez étrange. C’est en tout cas une histoire qui ne laisse pas indifférent, moderne malgré l’époque à laquelle cela se passe, avec ce qu’il faut du temps passé pour faire un merveilleux voyage dans le temps.

NOTE: 18/20 pour ce joli coup de cœur qui fait beaucoup de bien et qui donne très envie de se plonger dans d’autres œuvres de l’auteure.

 

 

PARCE QUE JE T’AIME

Editions Pocket (2008) – 313 pages

RESUMELayla, petite fille de cinq ans, disparaît dans un centre commercial de Los Angeles. Ses parents, brisés, finissent par se séparer. Cinq ans plus tard, elle est retrouvée à l’endroit exact où l’on avait perdu sa trace. Elle est vivante mais reste plongée dans un étrange mutisme. A la joie des retrouvailles, succèdent alors les interrogations : où était Layla pendant cette période ? Avec qui ? Et surtout : pourquoi est-elle revenue ? Une histoire d’amour envoûtante, un livre profondément humain qui vous plonge dans le mystère et le suspense, un dénouement que vous n’oublierez pas.

AVIS: Suite à un échange de livres avec l’une de mes collègues, j’ai reçu à prêter ce roman-ci. Je pense que sans ces circonstances là, je n’aurais pas lu d’autre Musso (je n’en ai lu qu’un, il me semble). Est-ce dû au phénomène à chacune des sorties de ses livres ou à la simple expérience de mon premier essai, je ne sais pas mais en tout cas, cet auteur ne m’a jamais vraiment donné envie de découvrir ses livres. Mais puisque j’avais celui-là sous la main, je l’ai lu.

Il n’y a pas à dire, l’écriture de Guillaume Musso est efficace, elle tranche dans le vif du sujet et ne s’embarrasse pas de fioritures. C’est ce qui rend la lecture si facile, l’immersion dans le texte étant immédiate. Mais voilà, si l’intérêt est vite happé, il est tout aussi aisément détourné et je pense que c’est typiquement le genre de récit qui tombe vite dans l’oubli. Un bon récit pour se détendre pendant un voyage ou en bord de piscine mais rien de transcendant qui permette de véritablement s’attacher à l’ensemble.

J’aime généralement les histoires aux destins entrelacés et celui-ci augurait une toile bien tissée mais justement, c’était trop simple à mon goût. Après avoir terminé le livre, j’ai bien réalisé que ça n’était pas aussi évident que cela le paraissait mais ça m’a laissé un sentiment mitigé. Les gens qui se croisent à des endroits improbables et ont des connexions incroyables, très peu pour moi. Peut-être est-ce dû au fait que tout était trop survolé, trop superficiel. Entre les flash-backs qui coupent le récit (les mecs qui partent de rien et arrivent au sommet, ça me gave vite, un peu comme pour les personnages de Jeffrey Archer, je trouve que ça manque cruellement de vérité) et les personnages assez creux (je crois qu’ils ont tous le même degré de charisme, à ce stade, et ça me donne la sensation qu’on reprend les mêmes et qu’on agite le verre avant de les fourrer dans une autre histoire similaire).

Alors oui, ça fonctionne bien, c’est simple à lire, les pages se tournent toutes seules mais cela ne me laissera aucune marque et je range déjà ce roman dans la case ‘oubliettes’. J’aurais voulu plus d’intensité, plus de logique, plus de complexité et je n’ai rien trouvé de tout cela.

NOTE: 14/20, c’est un roman qui se laisse lire facilement mais qui ne laissera à mon sens pas beaucoup de traces.