Toute la lumière que nous ne pouvons voir

 » Marie-Laure Leblanc vit avec son père près du Muséum d’histoire naturelle de Paris où il travaille. A six ans, la petite fille devient aveugle, et son père crée alors pour elle une maquette reconstituant fidèlement leur quartier pour l’aider à s’orienter et à se déplacer. Six ans plus tard, l’Occupation nazie les pousse à trouver refuge à Saint-Malo chez l’oncle du père de Marie-Laure, un excentrique profondément marqué par son expérience de la Première Guerre mondiale, qui vit reclus dans sa maison en bord de mer. Pour éviter que les Allemands ne s’en emparent, le Muséum a confié à Leblanc un joyau rare, la copie d’un diamant ayant appartenu à la famille royale de France, sans savoir qu’il s’agit en réalité de l’original. Loin de là, en Allemagne, Werner grandit dans un pensionnat pour enfants de mineurs décédés. Curieux et intelligent, l’orphelin se passionne pour la science et la mécanique et apprend rapidement à réparer les machines qui lui tombent sous la main. Un talent rare repéré par les Jeunesses hitlériennes où il se trouve enrôlé. Prenant conscience des fins auxquelles est utilisée son intelligence, il est sanctionné, devenant un simple soldat de la Wehrmacht. En 1944, son chemin croise en France celui de Marie-Laure alors que Saint-Malo est incendiée et pilonnée par les bombes.  » 

(Editions Albin Michel  – 2015)

★★★★★

J’ai l’impression que cela fait une éternité que je n’avais pas ressenti un tel amour pour un livre, avec cette envie de savoir comment cela se termine tout en ne voulant pas arriver à la fin des pages de cette histoire.

C’est d’abord le dynamisme qui émane de la construction du livre qui m’a vraiment accrochée. Le roman se découpe en chapitre plutôt courts, qui alternent les points de vue – ceux de Marie-Laure et Werner, principalement, mais aussi ceux d’autres personnages – et les époques – on commence l’histoire au mois d’août 1944, en plein pilonnage de Saint-Malo puis on repart en arrière pour présenter nos protagonistes et leurs chemins destinés à se croiser. Une manière d’aborder le récit plutôt originale qui donne le ton dès les premières pages. L’écriture fluide de l’auteur est évidemment aussi un régal et les changements d’époques et de personnages ne perturbent pas vraiment la continuité. Petit à petit, les pièces du puzzle se rassemblent pour former un tableau dramatique et plein de tension.

Ensuite, ce sont vraiment les personnages qui m’ont touchée. Le parcours de Marie-Laure comme celui de Werner sont semés d’embûches et on s’attache vite à eux mais il faut mentionner les personnages secondaires qui apportent également une saveur à l’histoire. Que cela soit Madame Manec, l’Oncle Etienne, ou les autres habitants de Saint-Malo (sans oublier le père de Marie-Laure, évidemment), que cela soit Jutta, Frederick ou Frau Elena, ils donnent une dimension supplémentaire aux personnages principaux.

J’ai énormément aimé aussi la place prise par l’« Océan de Flammes » qui apporte une touche de magie, de légende, devenant à lui seul un personnage, une part essentielle du roman, ainsi que celle de la radio en général dans l’histoire. Instrument dévastateur pour les résistants, elle s’avère aussi un moyen de rapprocher Werner et Marie-Laure au cours de la guerre.

C’est donc un véritable bijou que représente ce livre à mes yeux. Acheté à Saint-Malo, il revêt une aura toute particulière qui, je pense, va me rester longtemps à l’esprit et je ne verrai plus la ville du même œil la prochaine fois que j’irai la visiter. C’est un véritable coup de/au coeur que j’ai eu avec ce roman que je recommande chaudement!

 

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LA FEMME AU CARNET ROUGE

Couverture La femme au carnet rouge

RESUMEUn soir à Paris, une jeune femme se fait voler son sac à main. Laurent le découvre le lendemain, abandonné dans la rue, tout près de sa librairie. S’il ne contient plus de papiers d’identité, il recèle encore une foule d’objets qui livrent autant d’indices sur leur propriétaire : photos, notes, flacon de parfum. Désireux de la retrouver, l’homme s’improvise détective. À mesure qu’il déchiffre le carnet rouge contenant les pensées secrètes de Laure, le jeu de piste se mue en une quête amoureuse qui va bouleverser leurs vies. Orchestrant avec humour coïncidences et retournements de situation, Antoine Laurain signe une délicieuse comédie romantique qui rend hommage au besoin de merveilleux sommeillant en chacun de nous.

AVIS: Ah, ce livre! Le résumé donnait envie de découvrir Laure et Laurent et le livre a été à la hauteur de mes attentes. A la façon des comédies romantiques, cette histoire fait du bien. Pleine de douceur, elle nous embarque dans cette enquête qui rapproche des personnes qui, autrement, ne se seraient probablement jamais rencontrées.

Et d’ailleurs, en fermant ce livre, c’est exactement la même sensation qu’après avoir terminé une comédie romantique particulièrement bien fichue. L’auteur a même réussi à me faire monter les larmes aux yeux. C’est peut-être parce que ces fins de chapitre fonctionnent parfaitement sur moi, à la manière des séquences musicales dans certains films.

C’est aussi parce que l’histoire est moderne. Les personnages évoquent des gens que l’on connait, les réactions de Laurent nous font sourire et puis, l’auteur a bien raison d’aborder ce ‘deuil’ qui touche les personnes à qui l’on a volé un sac. Parce que, mine de rien, ça n’est pas qu’un sac à main, c’est tout un monde qui s’évapore avec lui. Les photos que l’on garde précieusement près de soi, à tout moment de la journée, les objets qui, à défaut d’avoir vraiment de la valeur, en ont une sentimentale pour le propriétaire des effets, les petites choses qui se baladaient dans une poche et que l’on oublie, tant un sac peu contenir des trésors, tous des détails qu’Antoine Laurain a parfaitement retranscrits.

Difficile, aussi, de ne pas s’attacher aux personnages secondaires, comme Chloé ou William. Si l’écriture n’a rien de complexe comme chez certains auteurs aux phrases alambiquées, elle est par contre fluide, très imagée et on a vraiment la sensation de voir un film en tournant les pages.

MA NOTE:  17/20, parce que j’ai vraiment adoré passer un moment avec Laurent, c’est un livre qui m’a fait un bien fou, qui se lit très vite et s’imprime pourtant dans la mémoire. Parce que ça n’a pas toujours besoin d’être compliqué et tordu pour marquer et parce que je pense que je le conseillerai à toutes mes copines qui ont besoin d’un peu de douceur.

TITRE: La femme au carnet rouge – AUTEUR: Antoine Laurain

EDITION: J’ai lu (2015) – 224 pages

Coups de coeur 2015

Avant de me lancer dans les véritables bonnes résolutions (essayer de tenir un blog plus à jour, par exemple (d’où le lancement de celui-ci pour faire peau neuve)), il serait bon de faire un petit tour des lectures qui m’ont accompagnée tout au long de 2015 pour en extraire les coups de coeur, ces livres intenses, pleins de charme, qu’on n’aurait jamais voulu lâcher et que je recommanderais sans hésitation à ceux en panne d’inspiration. Voici donc les romans qui gardent une place un peu spéciale dans ma mémoire:

atkin Couverture Extrêmement fort et incroyablement près Couverture Des fleurs pour Algernon Couverture La Ballade de Lila K Couverture Avenue des géants Couverture Fiona Range Couverture L'Incroyable Histoire de Wheeler Burden Couverture L'Assassin Royal, tome 01 : L'Apprenti assassin Couverture La fille de l'hiver Couverture Une prière pour Owen Couverture Le Confident 

Une vie après l’autre suit les péripéties d’Ursula Todd tout au long du vingtième siècle et qui voit, à chacune de ses morts, l’occasion de ne pas répéter les erreurs. Qui n’a jamais rêvé de pouvoir réparer le passé, changer un petit détail, une décision pour changer le cours des choses? Ici, sans vraiment en avoir conscience, Ursula, elle l’a, cette faculté et avec les multiples vies qu’elle traverse, on découvre qu’il suffit d’un rien pour tout chambouler.

Extrêmement fort et incroyablement près, la petite pépite pleine de douceur et de charme. Un petit garçon dont le père était l’une des victimes du 11 septembre trouve une clé. Persuadé qu’elle cache un secret et qu’il trouvera son père au bout du chemin, Oskar entreprend un voyage aventureux à travers New-York et y croise des personnages hauts en couleur.

Des fleurs pour Algernon, où l’on observe la métamorphose de Charlie Gordon, sujet d’expérimentation et simple d’esprit qui devient, en quelques mois, d’une intelligence supérieure à la moyenne. Mais si la chose parait magique, elle tourne vite au cauchemar pour le pauvre protagoniste lorsque l’expérience dérape. Un roman sous forme de journal intime percutant qui ne laisse pas indifférent!

La ballade de Lila K qui nous plonge dans l’univers singulier et mystérieux de Lila, orpheline perturbée par un passé dont elle n’a aucun souvenir et qui n’a de cesse de vouloir découvrir ce qui est arrivé à sa mère.

Avenue des Géant ou l’histoire inspirée d’un fait réel, celui d’un psychopathe au QI aussi impressionnant que sa taille (plus de deux mètres!). Armé d’un esprit incisif, le protagoniste et narrateur aborde son histoire d’une façon qui fait froid dans le dos mais n’empêche pas une certaine fascination pour la manière qu’a le personnage principal d’appréhender le monde qui l’entoure.

Fiona Range est un personnage plein de défaut, englué dans une vie de famille pleine de mystères et de mensonges. Même si l’histoire était assez prévisible, j’ai aimé suivre cette jeune femme moderne et en conflit avec le reste du monde et qui prouve que les secrets ne sont pas toujours le meilleur moyen d’épargner quelqu’un.

L’incroyable histoire de Wheeler Burden, un autre voyage dans le temps mais bien différent de celui d’Ursula Todd puisque Wheeler Burden se retrouve, sans explication, transporté dans le Vienne de la fin du 19ème siècle. Pourquoi, comment? On le découvre au fil des pages avec les péripéties du personnage principal avec sa prise de conscience: et si ses actes changeaient le reste du cours de l’histoire?

Avec l’Assassin Royal (T1), j’ai pu trouver une nouvelle saga pour succéder à celle du Trône de Fer. Même si je ne connaissais pas du tout l’univers du Fantasy, j’ai appris à en aimer les libertés et l’imagination. Il me tarde maintenant de continuer à suivre les aventures du jeune Fitz, destiné à être l’assassin royal bien malgré lui.

La fille de l’hiver est d’une douceur incroyable. Perdue au milieu de l’Alaska impitoyable, cette jolie histoire d’amour et de famille nous gonfle le coeur au même rythme que Mabel et Jack, que le temps a peu à peu éloigné mais dont l’apparition d’une enfant mystérieuse va changer la vie. Un conte magique et tendre.

Une prière pour Owen est un récit travaillé et plein de force. John Irving a un don extraordinaire pour nous submerger dans le quotidien de ces personnages a priori ordinaires mais qui se révèlent complexes. Les détails sont placés petit à petit, sans qu’on s’en rende compte, pour finir en apothéose à la fin du roman.

Le confident et sa construction pleine de suspens embarque dès les premières pages dans les questionnements d’une jeune femme qui reçoit des lettres étranges d’un inconnu. D’abord persuadée qu’il doit s’agir d’une erreur, elle découvre, au fil de ses lectures, qu’il y peut-être un but à cette correspondance à sens unique.

Enfin, l’incontournable Vérité sur l’Affaire Harry Québert se lit avec une facilité déconcertante, malgré le nombre de page et les méandres de cette enquête pas comme les autres menée par un écrivain atteint du syndrome de la page blanche.

Une année riche en belles découvertes, donc, et il me tarde de voir ce que 2016 réserve!