MINIATURISTE

The Miniaturist (VO) – Editions Gallimard (Du monde entier) – 501 pages

RESUMENella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, il est l’un des marchands les plus en vue de la ville. Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs et de sa soeur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste.
Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l’habitent et mettant au jour de dangereux secrets.

AVIS: Si ce livre m’a été conseillé par une copine via Goodreads, il aura fallu attendre que je l’achète à ma grand-mère puis qu’elle me le prête pour que je me plonge enfin dans l’histoire de Petronella Oortman et de son cabinet. Comme souvent quand je mets tant de temps à céder à un livre, je regrette d’avoir tardé à ce point.

Dès les premières pages, j’ai été immergée dans l’univers de cette jeune femme venue rejoindre son époux à Amsterdam. On y fait la rencontre de personnages qui marquent d’emblée l’esprit et auxquels je me suis immédiatement attachée – même si, au premier abord, certains ne semblent pas très sympathiques, on devine rapidement qu’il y a quelque chose à aimer derrière chacun de ces visages. Entre Johannes, l’époux distant et mystérieux, Marin, sa soeur, une femme dure et pieuse et les jeunes gens qui servent la maison (Cornelia et Otto), la vie de Nella semble promise à un avenir gris et maussade, dans une maison où elle se sente vite seule. La vie de jeune mariée n’est pas du tout ce qu’elle imaginait!

Outre les personnages intrigants, j’ai aussi beaucoup apprécié l’approche. On découvre la nouvelle vie de Petronella en même temps qu’elle. Comme elle, on sent que des choses sont tues, que des secrets pèsent sur la demeure, que son arrivée a bousculé le quotidien de ce petit monde qui avait appris à vivre entre eux, dissimulant leurs histoires au reste d’Amsterdam. Puis vient l’entrée en scène du cabinet qui représente l’exacte réplique de leur maison en miniature. C’est avant tout un moyen d’occuper l’esprit de la demoiselle mais cela va déclencher une succession d’événements qui vont bouleverser l’existence de chacun des habitants de la demeure. Les mystères se dévoilent puis s’épaississent et le rôle du Miniaturiste, à qui Petronella commande quelques objets pour compléter son cabinet, devient tour à tour surprenant et inquiétant. Je ne peux pas trop en parler, car cela fait partie de la magie du roman, ces énigmes qui apparaissent à chaque page, mais j’ai vraiment adoré cette façon d’aborder l’histoire, l’implication et les conséquences des actes de chacun.

La plume n’était pas en reste puisqu’elle était très agréable et participait évidemment au charme du récit. J’ai également beaucoup aimé la boucle que le roman a représenté pour moi parce que l’on commence avec un chapitre qui semble un peu vague – qui en est le narrateur, de qui parle-t-il? – puis le roman commence avec un bond en arrière de quelques mois. A la fin du livre, je n’ai pas pu m’empêcher de vouloir relire ce premier chapitre pour le découvrir sous un jour nouveau, avec la connaissance et la compréhension de ce à quoi il faisait allusion et j’ai trouvé cela très original et rafraîchissant.

J’ignorais que l’auteure s’est inspirée d’une véritable miniature qui a appartenu à Petronella Oortman et qui est exposée au Rijksmuseum à Amsterdam.

NOTE: J’ai mis 18/20 à cette histoire très attachante. Elle m’a plu à tous les niveaux (personnages, intrigues, plume) et j’ai hâte de découvrir un prochain roman de Jessie Burton.

 

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