LES SOUFFRANCES DU JEUNE WERTHER

Le livre de Poche (Les Classiques de Poche) – 190 pages

RESUMEManifeste exalté de l’impétueuse jeunesse, Les Souffrances du jeune Werther est le roman qui donna ses lettres de noblesse à Goethe. Le succès de cette oeuvre parue en 1774 fut étonnant pour l’époque et le personnage de Werther devint le symbole d’une génération entière. Quête d’absolu, transcendance de l’amour, lyrisme de la douleur… il s’agit bien là d’un des plus célèbres textes fondateurs du Romantisme. Werther, perché sur le pic solitaire de la passion qu’il éprouve pour Charlotte, est en proie au vertige. L’objet de son désir n’est autre que la fiancée de son meilleur ami, mais la pureté de son âme ne saurait tolérer l’idée même d’une trahison. Goethe ne se contente pas de mettre en scène un terrible dilemme, il livre une analyse extrêmement fine des tourments intérieurs de son personnage qui finira par se donner la mort. Mais le suicide de Werther n’est pas seulement la réaction suprême à un amour impossible, il résulte également d’un terrible constat d’échec : l’humain ne peut atteindre l’absolu, la souffrance est une fatalité à laquelle aucun être sensible ne peut se soustraire. Une oeuvre qui met en lumière la cruauté de l’existence, qui inflige à l’innocence son macabre cortège de désillusions.

AVIS: C’est en lisant l’oeuvre de Jorge Semprun (L’Ecriture ou la vie), témoignage de cet écrivain rescapé des camps de la mort que je me suis intéressée à Goethe (qui, jusque-là, n’était qu’un vague nom allemand qui ne m’évoquait rien). Mentionné à plusieurs reprises dans le récit parce que le camp où Semprun a été emprisonné se trouvait non loin de la ville du célèbre auteur allemand, Goethe est forcément resté dans mon esprit et Les Souffrances du jeune Werther a vite intégré ma PAL.

J’ai eu un peu de mal à intégrer réellement le récit, pourtant. Les déboires de Werther et de son amour pour Charlotte ont pris la forme épistolaire et on découvre dans le détail les dérives et la douleur de cet amour platonique que le protagoniste refoule comme il le peut. Je ne sais pas si ce n’était pas une période propice pour moi de lire ce classique mais j’ai peiné à m’intéresser aux soucis sentimentaux du narrateur. Les références aux textes bibliques et autres étaient bien expliqués (et nécessaires pour ceux qui ne sont pas familiers de ces paraboles) mais ont malgré tout alourdi le texte qui n’était déjà pas toujours simple dans sa construction. De plus, cela m’a donné le sentiment de retourner à l’époque scolaire où tous les textes étaient scrupuleusement décortiqués pour en découvrir le sens caché – ô que j’avais horreur de ça il y a dix ans, je ne l’aime pas plus maintenant!

Toutefois, certains aspects et expressions de la souffrance me semblent toujours très actuels. Werther a tendance à exagérer, évidemment, mais l’essentiel ramène à des faits connus, à des choses que l’on croise au cours de sa vie, des expériences similaires qui permettent de comprendre les aléas de l’humeur du narrateur. Werther donne plutôt l’impression d’être atteint de dépression chronique mais qui n’a pas ressenti ce qu’il a ressenti? Le passage d’une joie lumineuse à un tempérament ombrageux, un détail futile qui ruine une journée qui avait pourtant bien commencé? Les sentiments contradictoires qu’une personne peut faire remonter? Tant de choses qui, pour ma part, m’ont touchée.

Dès lors, je ne peux qu’affirmer être ravie d’avoir fait cette découverte même si d’autres classiques m’ont davantage plu que celui-là. A mes prochaines rencontres avec Goethe à travers d’autres textes ou évocations, j’aurai quelque chose à rattacher à ce nom.

MA NOTE: 15/20 pour une lecture intéressante mais un peu fastidieuse par moments, sans savoir si c’est dû aux références constantes aux textes bibliques et autres ou au fait que ce texte a un peu mal vieilli.

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