L’ENCHANTEUR

EDITIONS FOLIO (1987) – 470 PAGES

RÉSUMÉQui ne connaît Merlin ? Il se joue du temps qui passe, reste jeune et beau, vif et moqueur, tendre, pour tout dire Enchanteur. Et Viviane, la seule femme qui ne l’ait pas jugé inaccessible, et l’aime ? Galaad, dit Lancelot du Lac? Guenièvre, son amour mais sa reine, la femme du roi Arthur ? Elween, sa mère, qui le conduit au Graal voilé ? Perceval et Bénie ? Les chevaliers de la Table Ronde ? Personne comme Barjavel, qui fait le récit de leurs amours, des exploits chevaleresques et des quêtes impossibles, à la frontière du rêve, de la légende et de l’Histoire. Dans une Bretagne mythique, il y a plus de mille ans, vivait un Enchanteur. Quand il quitta le royaume des hommes, il laissa un regret qui n’a jamais guéri. Le voici revenu.

AVIS: Après avoir découvert Barjavel à travers La Nuit des temps, j’avais envie de me lancer dans un autre roman. Grand bien m’en a pris puisque cela a été un véritable bonheur de retrouver l’univers si singulier de l’auteur qui revisite la fameuse légende du roi Arthur en se penchant plus particulièrement sur le rôle joué par Merlin dans sa vie.

Autant le dire tout de suite, c’est assez particulier, comme approche. N’étant pas encore bien rôdée au genre, j’ai parfois eu quelques difficultés à imaginer le monde décrit par Barjavel, surtout à l’évocation de scènes riches en détails ou qui se voyaient complétées de termes et objets bien contemporains alors qu’on se situe plutôt dans une histoire où les épées et les chevaux prédominent. Aussi, quand des boites de conserves, des canons et autres évocations de notre temps s’immiscent dans le récit, c’est un peu singulier et c’est peut-être le seul aspect qui ne m’ait pas vraiment convaincue dans cette épopée fantastique.

Parce que pour le reste, j’ai vraiment été immergée. La magie opère dès les premiers mots et je me suis prise d’affection pour les personnages, célèbres et moins connus, qui se succèdent dans les aventures. Merlin fait office de messager, de guide, il apparaît et disparaît, convainc ou met en garde. Il prend toutes les formes, sait énormément de choses mais pas forcément tout. Il veille à la destinée de ses protégés, cherchant celui qui ira au bout de la Quête, celui qui parviendra à trouver le Graal. Je pense que le rythme du récit y est pour beaucoup: il n’y a pas vraiment de temps mort, les aventures et batailles prennent vie, s’enchainent et le tout se poursuit à une vitesse affolante. On est entraîné et peu importe si chaque nouveau venu est plus beau que le précédent, le côté féerique et invraisemblable de l’histoire permet de ne pas se focaliser là-dessus mais plutôt sur les chocs entre les armées, entre les amants, entre Merlin et le Diable.

Ce qui a contribué à ce que j’apprécie autant le livre, aussi, je pense que c’est le fait de n’avoir plus lu un roman lié aux légendes arthuriennes depuis longtemps et cela me donne très envie de reprendre la saga de Marion Zimmer Bradley, qui abordait le récit du point de vue des femmes qui peuplent l’univers d’Arthur. Je préfère tout de même la version de MZB, plus dense, plus détaillée, moins rocambolesque que celle de Barjavel mais ça ne m’a pas empêchée de beaucoup aimer L’Enchanteur, qui me conforte dans l’idée que la plume de l’auteur ma happe si aisément.

MA NOTE: 16/20, la lecture était prenante et l’univers très particulier. Un excellent moyen de se déconnecter complètement de la réalité.

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