IL ÉTAIT UNE RIVIERE

Le Livre de Poche (2014) – 452 pages

RÉSUMÉMurrayville, petite cité ouvrière du Michigan, située au bord de la rivière Stark. Margo Crane, seize ans, y a vécu toute son enfance au côté de son grand-père, qui lui a appris à tirer comme personne et à pêcher dans les eaux poissonneuses de la rivière. Lorsque son grand-père meurt, que sa mère l’abandonne, les adultes vont très vite trahir la confiance que la jeune fille, solitaire et fragile, leur avait accordée.
Seule au monde, Margo s’embarque dans le bateau de son grand-père et, munie de sa carabine, de quelques provisions et de la biographie de son héroïne, Annie Oakley, « la petite femme au tir sûr », elle part à la recherche de sa mère. Mais le paradis de son enfance est devenu un lieu dangereux et inhospitalier pour une jeune fille qui doit survivre par elle-même.
Au cours de cette odyssée à travers le Michigan rural, où le contact avec la nature est parfois violent, Margo va devoir transcender de nouvelles épreuves et décider du prix à payer pour accomplir ses choix et trouver la paix intérieure.

AVIS: Ce livre était dans ma PAL depuis un moment et je pense que je ne me serais jamais vraiment résolue à l’ouvrir sans le bouton ‘Un livre au hasard?‘ de Livraddict (comment ça, j’en ai déjà parlé x)) Quelle erreur! Je l’avoue sans honte, il m’arrive souvent de repousser la lecture de certains livres pour l’une ou l’autre raison et d’être du coup agréablement surprise par le récit. Dans ce cas-ci, c’est la couverture qui causait mon appréhension à commencer ce livre. Comme je ne l’avais pas choisi, je l’ai reçu à prêter, je pense que je ne l’aurais jamais acheté en temps normal. Mais bon, on s’en fiche un peu de ça, hein?

Très bonne surprise que ce roman situé dans le Michigan, entre la fin des années 70′ et le début des 80′. Dès les premières lignes, on est happé dans cet univers un peu rustre, très masculin, de petite ville de bord de rivière. On y fait la rencontre de Margaret Louise – Margo – dont la mère a fui la région en quête d’un avenir meilleur, laissant sa fille avec un père solitaire et une famille étrange qui réside sur la rive opposée. Les personnages ne sont pas très frais, ils dégoûtent même parfois un peu (beaucoup), que ce soit dans leur description ou leur attitude. L’auteur dépeint avec brio cette existence que mène l’adolescente, à la fois malmenée et aimée des siens. Je ne sais pas si c’est l’écriture ou autre chose mais en tout cas, j’ai trouvé très aisé de se figurer le paysage, de voir le récit se dérouler comme un film. Il y avait un bout de magie dans la façon de raconter qui m’a parue authentique et m’a plu d’emblée.

Forcée de quitter sa maison suite à un drame, Margo prend les rames de sa barque et remonte le courant ou se laisse porter par celui-ci. Elle croise des gens bons, des gens brutaux, des gens doux, un panel de personnages qui ne sont ni tout blancs, ni tout noirs. J’ai admiré la manière dont cette fille pas bien épaisse s’en sortait malgré tout, seule face à des êtres parfois dangereux ou simplement isolée, sans quiconque à qui parler. Si Margo est l’héroïne du récit, les personnages secondaires qu’elle croise sur sa route amènent beaucoup à l’ambiance générale du roman, tout comme la rivière semble jouer un rôle à part entière tout au long de l’histoire.

En bref, partie avec quelques a priori complètement irraisonnés, j’ai fermé ce livre avec le sourire aux lèvres. Je l’ai aimé de la première à la dernière page et je n’hésiterai pas, à l’avenir, si je croise le nom de Bonnie Jo Campbell, à ajouter son prochain roman à ma PAL!

MA NOTE: 17/20, très bonne surprise que ce roman, il n’aurait pas manqué grand-chose pour en faire un coup de cœur mais il a quand même manqué d’un petit détail, d’un je-ne-sais-quoi pour me rendre aussi enthousiaste que d’autres devenus des coups de cœur.

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